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IPECA accompagne les entreprises qui investissent le champ de la santé



25 JAN. 2024 | Propos recueillis par Emilie Drab
IPECA accompagne les entreprises qui investissent le champ de la santé
Philippe Ricard, directeur général d'IPECA, et Gaële Regnault, directrice marketing d'IPECA, lors de la présentation des résultats de l'Observatoire S-QVCT (Santé, qualité de vie et conditions de travail) lancé par IPECA et MSAé. © IPECA-MSAé
IPECA et MSAé ont lancé le premier Observatoire S-QVCT (Santé, qualité de vie et conditions de travail) de la filière aéronautique dont ils ont dévoilé les résultats détaillés cet automne. Dressant un tableau des enjeux autour de ces questions de santé et de bien-être des salariés au travail, IPECA, au travers de sa division IPECA Solutions, dispose d'une offre pour assister les entreprises de la filière dans la mise en place de politiques de prévention sur mesure. Philippe Ricard, le directeur général d'IPECA, et Gaële Regnault, la directrice marketing d'IPECA, nous en disent plus.

Pouvez-vous rappeler rapidement la genèse de l'Observatoire ?
Philippe Ricard : IPECA est une institution de prévoyance, qui est complètement affinitaire du secteur de la construction aéronautique, spatiale et de défense. Du fait de cet aspect affinitaire, nous connaissons très bien les dépenses de santé, le comportement de prévoyance. Mais nous nous devons aussi d'apporter de la valeur sur une approche santé beaucoup plus globale. Telle était la vision portée par le Conseil d'administration et donc les entreprises et les représentants des salariés qui nous gouvernent. Pour devenir plus qu'un organisme remboursant des frais de santé, nous avons voulu apporter une lecture de la filière, d'où la création de l'Observatoire. Et nous avons choisi comme premier axe d'étude la santé, la qualité de vie au travail et les conditions de travail.

Existe-t-il d'autres observatoires de ce type dans d'autres filières industrielles ?
Philippe Ricard : Non, c'est une exclusivité de notre filière. Il existe des baromètres dans d'autres branches professionnelles mais l'approche est différente, avec une vision plus générale. Nous avons interrogé des personnes en responsabilité sur la santé et qualité de vie au travail au sein de 364 établissements. Cela reste assez représentatif puisqu'il couvre 60 000 salariés d'une filière qui en compte 200 000.

Quel est l'objectif de cet observatoire ?
Gaële Regnault : L'idée est de créer un point de référence sur la situation S-QVCT dans la filière et d'apporter les solutions concrètes les plus adaptées, les plus innovantes. Qu'il s'agisse d'améliorer l'accès aux soins dans les entreprises via les téléconsultations par exemple, d'ajuster les politiques de prévention pour qu'elles aient un effet optimal au plus près des postes de travail, IPECA se distingue par sa démarche de mesure d'impact. L'observatoire filière comme des études plus ponctuelles pour une entreprise adhérente constituent autant de leviers fondés sur une culture de la data, essentielle pour piloter l'investissement vers les actions et les dispositifs les plus utiles. Ces solutions, élaborées sur mesure en fonction des besoins identifiés pour chaque site avec les responsables RH, HSE, de production, les CSE et les partenaires sociaux, ont pour objectif de permettre la réduction des accidents de travail, des maladies professionnelles et, quelque part, de l'absentéisme, améliorant la situation au niveau de l'entreprise et au niveau de la filière.
Pour cette approche globale (360°) de la santé, nous disposons aujourd'hui d'un catalogue d'une dizaine d'offres que nous proposons aux entreprises de la filière aéronautique, aérospatiale et défense.
Philippe Ricard : Cette approche s'inscrit aussi dans l'obligation des entreprises portée par la convention collective de la métallurgie, de réserver 2 % de budget à l'action sociale, à la prévention et au soutien des populations salariées les plus fragilisées. L'Observatoire, comme les missions réalisées par IPECA Solutions, vont permettre de cibler les actions sur lesquelles nous pouvons accompagner les entreprises dans leur dialogue social. Il arrive au bon moment alors que la négociation collective s'empare du sujet de santé / qualité de vie au travail. Il permet de partager les enjeux avec la filière (absentéisme, risques psychosociaux...) puis d'apporter dans un second temps des réponses, des propositions d'accompagnement et d'amélioration qui auront un impact mesurable.

N'est-ce pas une structuration d'initiatives qui existaient déjà ? IPECA avait déjà participé à l'installation de cabines de téléconsultation en entreprise avant la crise, qu'est-ce qui a changé avec IPECA Solutions ?
Gaële Regnault : Oui c'est une structuration nécessaire, forte d'une nouvelle méthode de travail pour satisfaire les besoins de la filière en phase d'accélération. Au fil des années, des expérimentations ont permis de valider l'intérêt pour les salariés d'accéder, par exemple, à de la consultation à distance, puis à la prise de constantes à distance pour des diagnostics plus précis. Nous passons désormais à une logique de diffusion, de promotion massive des usages dont nous mesurerons l'impact. Une cabine peut servir à faire de la prévention, de la détection de mélanome ou d'autres pathologies. Le fait d'avoir des ostéopathes qui se déplacent sur les chaînes de montage en préventif permet de réduire les TMS [Troubles musculo squelettiques, ndlr]... La maîtrise de ces sujets, de l'évolution du contexte réglementaire, sont clefs pour bien orienter les budgets HSE [Hygiène sécurité environnement, ndlr].

Comment s'adapter à tous lorsque les sociétés de l'aéronautique vont des PME à des géants comme Airbus ou Safran ?
Philippe Ricard : Il existe trois catégories de structures. Il y a d'abord de très grosses structures, qui ont ont des dispositifs en place mais qui peuvent avoir du mal à les piloter. Souvent les dispositifs liés à la santé et la qualité de vie au travail dépendent de chaque site, de chaque unité opérationnelle ; chacun peut avoir un mode de gestion différent, superviser des métiers différents... La consolidation centrale est difficile et l'impact est difficile à mesurer. Viennent ensuite les structures de taille moyenne (5 000 salariés). La structuration et les dispositifs peuvent y être plus centralisés mais la pertinence des investissements peut être questionnée. Puis il y a les TPE-PME qui ne sont pas du tout équipées et auxquelles nous pouvons proposer des solutions unitaires, comme un psychologue du travail ou une assistance sociale.
En tant qu'institution de prévoyance, nous disposons d'informations liées à nos métiers d'assurance qui peuvent contribuer par exemple à établir des mesures d'absentéisme dans le temps et faire le lien avec l'impact les dispositifs de prévention ou d'action locale.
Gaële Regnault : Quatre lignes de force pour bien comprendre cette nouvelle offre d'IPECA : Tout d'abord nous pouvons être un concentrateur de services et choisir les meilleures prestations en nous appuyant sur notre expertise. Ensuite, nous pouvons être au co-pilotage des déploiements comme de missions d'études adhoc. Nous nous donnons aussi l'objectif de collecter et valoriser une donnée structurée de santé et de bien-être au travail, donnée dont la qualité sera essentielle. Enfin nous déployons une méthode pour mesurer les effets de chacun de nos dispositifs et de leur action combinée. En étant pragmatiques : nous nous inscrivons dans une démarche de filière ; toutes les informations, tests et mesures que nous pouvons réaliser dans de grandes structures peuvent bénéficier aux TPE-PME. Enfin, nous nous inscrivons dans de l'innovation en santé, qualité de vie au travail, au bénéfice de tous les acteurs de l'Aéro.

Quel est l'un des grands enseignements de l'observatoire ?
Gaële Regnault : La covid a pointé le nouveau rôle que l'entreprise doit jouer dans l'accompagnement de la santé, avec, en particulier, des dimensions d'hygiène de vie ou de santé mentale. La période de crise a augmenté la confiance en l'entreprise parce qu'elle a contribué à régler les problématiques de protection des collaborateurs, mais aussi de leur famille, avec la généralisation du télétravail, l'attention au respect des gestes barrière etc. Cela a donné une responsabilité de l'entreprise sur les questions de santé, générant in fine des attentes. Il s'agit d'une évolution sociétale qui se retrouve dans la filière.
Ainsi nous ne pouvons plus nous limiter au remboursement des frais de santé ou à la prévoyance classique ; nous devons aller là où les personnes et les entreprises nous attendent et nous positionner avec des solutions ajustées au plus près des besoins des entreprises et de leurs salariés, répondant aux exigences de santé au travail mais aussi de santé publique et de mieux-être des personnes en général. J'ajoute qu'en période de ramp-up et de pénurie de talents, il s'agit d'un enjeu RH majeur : les entreprises qui innovent et assurent le meilleur pilotage de l'investissement dans la santé et la qualité de vie au travail de leurs salariés sauront les attirer et les fidéliser.

Avez-vous déjà une idée de la façon dont vous allez mesurer les effets des services mis en place par IPECA Solutions ?
Gaële Regnault : Nous déployons nos premiers projets et sommes en train d'affiner les indicateurs. Pour chaque service, en 2024 et 2025, nous recueillerons des données d'usage d'un service et évaluerons les effets sur la santé à partir d'éléments factuels (moins de stress au travail, moins d'arrêts de travail, moins d'accidents). Nous vous donnons rendez-vous après une année de déploiements pour apprécier le service rendu et la perception positive par les bénéficiaires.

Emilie Drab
Rédactrice en chef adjointe
Aviation civile, Transport aérien


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