Actualité aéronautique Défense Le retour en grâce de la coopération franco-allemande
L'édito

Le retour en grâce de la coopération franco-allemande

Helen Chachaty
Publié 10/04/2018 | 638 mots
Le retour en grâce de la coopération franco-allemande
Les deux ministres lors de leur rencontre en novembre 2017 © Ministère des armées
La coopération franco-allemande fête sa 55ème année d'existence, dans la lignée du traité de l'Elysée, signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Le volet concernant la Défense prévoyait notamment un rapprochement des doctrines stratégiques et tactiques « en vue d'aboutir à des conceptions communes », des échanges de personnels entre les différentes écoles militaires et une coopération dans le cadre de grands programmes d'armement. Il s'agissait alors « d'organiser un travail en commun dès le stade de l'élaboration des projets d'armement appropriés et de la préparation des plans de financement ».

Cinquante-cinq années plus tard, les deux pays peuvent s'enorgueillir d'avoir mené à bien des projets d'envergure : du Transall à l'Alphajet, en passant par le Tigre et son école de formation binationale, sans oublier évidemment la fondation d'Airbus. Plus récemment, la répartition de la formation des mécaniciens et des équipages d'A400M entre Wunstorf et Orléans a relancé l'un des axes de 1963.

Le futur s'annonce également plein de promesses, avec plusieurs projets structurants, aboutissement de rencontres fréquentes entre les chefs d'États et les ministres de la Défense. Celles-ci se sont d'ailleurs déjà rencontrées à sept reprises depuis la prise de fonction de Florence Parly il y a moins d'un an, la dernière en date remontant à la semaine dernière, à Paris.

A l'automne 2016, la France et l'Allemagne ont annoncé leur volonté de constituer une flotte conjointe de C-130J, qui sera basée à Évreux à partir de 2021. Avions, équipages, techniciens devraient être regroupés dans une entité commune, avec l'objectif, à terme, de mener des opérations ensemble - un point qui est cependant toujours en cours de réflexion.

A l'issue du conseil franco-allemand de Défense du 13 juillet 2017, Paris et Berlin ont annoncé vouloir lancer des études pour concevoir et développer le système de combat aérien du futur pour l'horizon 2040. Si les contours en sont pour l'instant relativement flous, le message politique est fort, le projet industriel ambitieux. Les allers-retours entre Ottobrun et Saint-Cloud ont déjà débuté, la répartition industrielle est attendue pour 2019, la feuille de route pourrait être fixée dès cette année.

L'autre grand projet concerne la patrouille maritime, alors que les flottes doivent être renouvelées à l'horizon 2030-2035. Là encore, les discussions sont déjà bien amorcées et les études industrielles devraient être lancées dès 2019, avec l'ambition de pouvoir passer de premières commandes à partir de 2025.

Reste maintenant à faire coïncider les besoins français et allemands pour aboutir à des programmes cohérents, sur des plateformes capables de satisfaire les exigences en termes de capacités militaires et de doctrine d'emploi. Les conceptions divergentes en matière d'intervention extérieure devront être dépassées, les calendriers ajustés, les budgets débloqués. Du travail de négociation en perspective, que ce soit du côté politique, mais aussi dans les états-majors respectifs. Car il ne s'agit pas simplement de signer des lettres et des déclarations d'intentions, mais bien plus de construire la Défense du futur et de structurer l'industrie des deux côtés du Rhin. L'impulsion lancée devra être suivie, par le biais notamment de contrats engageant l'implication des deux pays.

Le prochain salon aéronautique ILA de Berlin devrait permettre de répondre à certaines questions et d'approfondir un certain nombre de sujets, avec la présence d'autorités politiques et militaires. Partenaire privilégiée, la France est présentée comme « le meilleur choix possible ». « Au niveau mondial, aucun pays ne coopère aussi étroitement que la France et l'Allemagne. Ce salon permettra de présenter, de faire vivre et d'intensifier ce partenariat. » Tout un programme donc.
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