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Cannes déroule le tapis rouge à la première Red Bull Air Race en France

Marie Christophe à Cannes
Publié 09/11/2017 | 1397 mots
Cannes déroule le tapis rouge à la première Red Bull Air Race en France
© RedBull Content Pool
Nombreux sont ceux qui en ont rêvé, Cannes l'a fait.
Une fois n'est pas coutume, le spectacle ne se déroulera pas sur les marches, mais bel et bien dans le ciel cannois. La ville mondialement connue pour son célèbre festival éponyme va accueillir la première course Red Bull Air Race en France. Le traditionnel « moteurs... action ! » des plateaux de cinéma sera remplacé par le « smoke on ! » du directeur de course, Jim DiMatteo, pour donner le départ aux compétiteurs.

Le pylône, dressé tel un totem sur la plage du Majestic Barrière pour l'occasion, marque le compte à rebours pour la course tant attendue. Si d'instinct les mouettes présentes en font déjà un terrain de jeu, ce sont pourtant des avions de course qui ne tarderont pas à se lancer entre ces portes de 25 mètres. Le week-end du 21 et 22 avril 2018 sonnera comme une première dans l'histoire de la course, mais aussi dans celle de la ville de Cannes.

© Marie Christophe

La course Red Bull Air Race, un événement unique

Les meilleurs pilotes mondiaux, un chronomètre et des pylônes : voilà pour le concept. Si elle peut paraître simple sur le papier, la Red Bull Air Race nécessite en réalité une organisation et une logistique sans pareilles, la sécurité devant rester le maître mot. Mis en place en 2005 et transmis aujourd'hui sur 149 chaînes de télévision dans le monde, l'événement répond à un cahier des charges minutieux.

Minutée par Hamilton, la course se déroule en trois manches sous forme de duels, qui récompensent tour à tour les plus performants. Si le contre la montre reste l'objectif, les pilotes sont également soumis à un grand nombre de règles à ne pas transgresser : vitesse d'entrée dans le parcours, altitude et inclinaison lors d'un passage de pylône ainsi qu'un nombre maximum de G à ne pas dépasser, autant de contraintes qui pénalisent les compétiteurs. Une, deux ou trois secondes peuvent effectivement anéantir les chances de victoire. Dans ce contexte, il n'est pas ardu d'imaginer à quel point les courses engendrent adrénaline et addiction pour les participants et pour le public.

© RedBull Content Pool

Une étape très attendue des pilotes français

Nicolas Ivanoff, premier pilote ayant couru pour défendre les couleurs tricolores, François Le Vot et Mickaël Brageot ne cachent pas leur satisfaction. François Le Vot ajoute que « cela devenait inquiétant que la France reste à l'écart d'une compétition aéronautique internationale, considérant son excellence dans ce domaine. »

Si les pilotes français semblent unanimement ravis de voir une course au programme dans l'hexagone, cela ne changera cependant pas leur façon d'aborder le challenge. « Les pylônes n'ont pas de nationalité », affirme Nicolas Ivanoff. « Les enjeux seront différents au sol, mais la course reste la course, où qu'elle soit. »

Chacun se réjouit de cette étape cannoise, même si elle réveille des attentes individuelles plus subjectives : « je rêve d'une course chez moi, à la Grande Motte ! », précise François le Vot. Nicolas Ivanoff témoigne : « Quand nous courrions à Rio, j'avais toujours une pensée pour la baie d'Ajaccio, toutes proportions gardées. Je rêve depuis toujours qu'une course s'organise en Corse. Mais la configuration insulaire risquerait malheureusement de pénaliser la venue du public. C'est logistiquement compliqué. »

Les compétiteurs saluent donc la volonté de la ville de Cannes de leur offrir leur première étape française.

© Marie Christophe

Cannes, Capitale du sport en plein air

« C'est un événement majeur que nous annonçons » affirme David Lisnard, Maire de la ville.
Après avoir lancé un concept de « Cannes Capitale du Sport en Plein Air », la ville se veut en effet un moteur de la pratique sportive. « Nous sommes souvent la Capitale du sport en pleine mer avec de nombreuses manifestations. Je me réjouis que la ville devienne également la capitale du sport en plein air et en altitude » ajoute David Lisnard.

En accueillant la course, Cannes fait face à un triple enjeu : sportif, événementiel et touristique. « Attribuer l'espace public à un événement est une décision lourde, grave, sélective, qui plus est ici puisque nous recevons de grandes manifestations internationales comme le Festival de Cannes ou le Festival Cannes Lions. » Il aura donc fallu une étincelle pour engendrer le déclic. Et la palme revient cette fois-ci à un grand coureur d'une autre discipline : Patrick Tambay, ancien pilote de Formule 1. Siégeant aujourd'hui au Conseil départemental, Patrick Tambay a été le premier à insister pour tourner les regards cannois vers la Red Bull Air Race. Le regain d'intérêt pour les sports mécaniques aura peut-être aiguisé l'attention de l'ancien champion. C'est en effet après 10 années d'absence que la Formule 1 revient également en France sur le circuit du Castellet en 2018.

La tendance se confirme également côté voltige aérienne avec l'annonce récente de la sélection de l'hexagone pour organiser à nouveau les championnats du monde de voltige en 2019. « Nous savons créer des champions mais les sports mécaniques n'étaient pas toujours mis en avant, c'est bien que la France s'y intéresse », souligne l'ambassadeur d'Hamilton.

100 000 spectateurs pour un grand rendez-vous aérien

« Il y a souvent eu des grandes premières ici grâce à l'ouverture internationale de Cannes. Une tradition de grands rendez-vous aériens remonte au début du XXIème siècle », précise David Lisnard. « Elle s'est traduite par notre aéroport, qui est le second plus grand aéroport d'aviation d'affaires et par l'usine Romano qui a attiré Thalès Alenia Space, la seule usine d'intégration complète de satellites en Europe. » La ville renoue donc avec cette tradition aéronautique. Les chantiers aéronavals ont été créés à Cannes en 1929 et emploient aujourd'hui 2 200 personnes. C'est aussi au début du siècle dernier que Nicolas Popoff réalise un nouveau record du monde en survolant la baie cannoise à une altitude de 207 mètres. Enfin, un an après la traversée de la Manche par Blériot, le 27 mars 1910, la semaine de l'aviation civile est organisée à Cannes avec les meilleurs pilotes internationaux devant 50 000 spectateurs. « Nous devons donc faire mieux ! », affirme monsieur le maire. 100 000 spectateurs sont en effet attendus sur trois jours, du vendredi 20 au dimanche 22 avril. Les tickets seront en vente dès le 15 novembre.

© Marie Christophe

Les nouveautés de la saison 2018

Huit dates sont fixées au calendrier prévisionnel de la Red Bull Air Race 2018. Si certaines destinations comme Budapest ou Indianapolis sont habituées à recevoir la manifestation, deux dates asiatiques ont été annoncées comme de belles surprises pour la saison à venir.

Côté compétiteurs, Peter Podlunsek cédera sa place de Master à Ben Murphy, qui rejoint les pilotes les plus expérimentés après une première saison effectuée en Challenger Class.

Les pilotes français de la Master Class profitent de la saison hivernale pour peaufiner leurs avions et leurs designs. Nicolas Ivanoff revient avec Hamilton et son Edge toujours plus optimisé, François Le Vot reste sur le qui-vive en l'attente de réponse de nouveaux sponsors et Mickaël Brageot se voit repartir sous d'autres couleurs, suite au choix de Breitling de réduire son investissement dans le secteur aéronautique.

Cette étape en baie de Cannes promet un bel événement à venir. Il sera sans aucun doute l'occasion pour les cinq pilotes français de s'épanouir devant leurs proches et pour les dix-huit autres de découvrir l'accueil à la française, réservé par la cité des festivals.

© RedBull Content Pool

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