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Actualité aéronautique Carrière Trois questions à Philippe Dujaric, GIFAS : « Quand on recrute, c'est pour longtemps »

Trois questions à Philippe Dujaric, GIFAS : « Quand on recrute, c'est pour longtemps »

Propos recueillis par Helen Chachaty
03 OCT. 2019 | 673 mots
Dossier emploi aéronautique
•  Trois questions à Philippe Dujaric, GIFAS : « Quand on recrute, c'est pour longtemps »
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•  La reprise de la croissance des effectifs du transport aérien menacée par les récentes faillites
•  La croissance raisonnée d'Air Caraïbes lui permet de recruter
•  Le recrutement, enjeu prioritaire de Normandie AeroEspace

Alors que le secteur de l'industrie aérospatiale fait face à des besoins de recrutement importants Philippe Dujaric, directeur Affaires sociales et formation du GIFAS, fait le point sur les perspectives de la filière pour les profils de techniciens.

Quel est l'état du marché pour le secteur de l'aérospatial en France ? Quels sont les profils les plus recherchés à l'heure actuelle ?

Pour nos 400 adhérents, ce sont près de 200 000 emplois directs et le chiffre est plutôt en augmentation. C'est une filière complète, nous avons un plan de charge important et n'avons jamais autant produit, nous créons de l'emploi tous les ans. Nous avons des marchés, donc nous avons besoin de main d'oeuvre.

Les besoins sont en augmentation, notamment dans les filières de la production, de la fabrication d'avion, avec tous les métiers qui s'y rapportent. Sans oublier la maintenance, car plus on a d'avions, plus il faut les entretenir.

Concernant les profils de compétence, l'augmentation des besoins est modérée pour les ingénieurs. Pour l'instant, nous avons simplement demandé aux écoles (ISAE, Supaéro...) d'augmenter leurs promotions de 4% par an et tout se déroule comme prévu. Là où nous sommes plus inquiets, c'est sur les profils de techniciens, dans les filières d'usinage, d'ajustage, de montage, de soudage.... Nous avons besoins d'ajusteurs aéronautiques, d'opérateurs pour nos machines, de soudeurs, de câbleurs, de chaudronniers, etc. Les dénominations ne sont pas très attractives, mais nous avons un fort besoin sur ce type d'emplois.

Quelle va être votre stratégie pour les mois à venir, alors que le salon du Bourget s'est tenu cette année ? Quelles sont vos prochaines échéances ?

L'idée générale, c'est de mettre en lumière ces métiers de techniciens vis-à-vis des jeunes, mais aussi des familles. Nous réfléchissons au lancement d'une campagne de communication pour valoriser ces métiers, sans doute dès le début de l'année 2020. Nous interviendrons en seconde partie d'année scolaire et reprendrons à la rentrée 2020 avec encore plus de force, pour aller jusqu'au Bourget 2021 et amener encore plus de jeunes et de classes sur le salon.

Au-delà de cette campagne classique, des clips et des messages sur les réseaux sociaux, nous devons assurer une présence physique dans les collèges et les lycées. Nous avons fait le constat que malgré l'implantation des industries sur les différents territoires, elles ne sont pas connues des collèges et des lycées. Nous souhaitons donc faire mieux connaître les carrières de techniciens, d'opérateurs qualifiés dans nos professions, les conditions de travail, les salaires, etc. Nous devons nous mobiliser pour être plus présents, participer aux journées portes ouvertes, faire accueillir davantage de stagiaires de 3ème. Concrètement, nous devons nous ouvrir davantage aux jeunes tout au long de l'année.

Dans le même ordre d'idées, nous allons essayer de développer les démonstrations métiers, au travers de l'avion des métiers notamment. Nous avons d'ores et déjà suscité l'organisation d'un avion des métiers à Aéroscopia, avec le concours de l'UIMM et du campus des métiers aéronautique d'Occitanie par exemple.

Il faut également disposer de lieux de formation d'excellence et nous allons donc poursuivre notre aide pour les aider à se modernisser.

De quels leviers disposez-vous en termes d'attractivité de la filière ?

L'industrie rémunère en moyenne 15% de plus que les services, on ne le sait pas assez. Nous sommes par ailleurs dans une logique de recrutement dans la durée, dans des constructions de carrière avec un turnover plus faible qu'ailleurs. Nos statistiques de recrutement montrent qu'hors apprentissage, nous sommes à plus de 70% en CDI. Quand on recrute, c'est pour longtemps, c'est un investissement sur une personne et c'est vrai de la PME à la grande entreprise.
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