Actualité aéronautique Transport aérien Le Sénat s'oppose au projet de privatisation des Aéroports de Paris

Le Sénat s'oppose au projet de privatisation des Aéroports de Paris

AFP
Publié 06/02/2019 | 752 mots

Le Sénat s'est opposé mardi, au terme d'un long débat parfois houleux, au projet de privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris), droite et gauche invoquant des arguments économiques, tout autant que des questions de souveraineté ou de sécurité.

"C'est une entreprise qui fonctionne, gardez-là", a lancé Roger Karoutchi (LR), tandis que Fabien Gay (CRCE à majorité communiste) estimait que si la droite et la gauche font "le choix ensemble de refuser cette privatisation (...) il faudra entendre la voix du Sénat".

Lors de l'examen en première lecture du projet de loi Pacte sur la croissance des entreprises, la chambre haute a adopté, par 246 voix contre 78, des amendements de suppression de l'article 44 modifiant le régime juridique d'ADP et ouvrant la voie à sa privatisation.

La très grande majorité des Républicains a voté pour ces amendements de suppression, de même que la totalité des groupes PS et CRCE et une partie des Indépendants. Ont voté contre la grande majorité des centristes, le groupe LREM et la quasi totalité du groupe RDSE (à majorité radicale).

Le dernier mot reviendra cependant à l'Assemblée nationale qui avait adopté cet article en première lecture.

Dans la nuit, le Sénat s'est également opposé au projet de privatisation de la Française des Jeux (FDJ).

L'État est jusqu'ici tenu de conserver la majorité des parts du groupe ADP. Le projet de loi Pacte lui permettra, une fois adopté, de procéder à la vente au privé de tout ou partie des actifs qu'il détient dans le groupe aéroportuaire, soit 50,63% des parts représentant quelque 9,5 milliards d'euros.

La future privatisation d'ADP doit prendre la forme d'une concession pour 70 ans.

"Cette opération n'est pas une privatisation sèche", a martelé le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, avant de répondre point par point aux arguments avancés à gauche comme à droite contre la privatisation.

Le ministre, issu des rangs de LR, n'a pas manqué de souligner le "piquant" de la situation. Le débat au Sénat "prouve une chose, c'est que la recomposition politique française nous réserve encore bien des surprises", a-t-il ironisé.

- "Porte de la France" -

"Après le désastre financier de la privatisation des autoroutes, vous nous proposez de privatiser des actifs hautement sensibles", a attaqué le socialiste Martial Bourquin.

ADP "c'est la porte de la France sur le monde", "il faut le garder public", a-t-il exhorté, glissant: "Si Vinci n'a pas eu Notre-Dame-des-Landes, ce n'est pas une raison pour lui faire un cadeau".

"Nous parlons de notre principale frontière", a renchéri David Assouline (PS).

Michel Vaspart (LR) a jugé "étonnant de vendre au privé ce qui rapporte à l'État", se disant "opposé à la privatisation d'un monopole".

Alliés des Républicains dans la majorité sénatoriale, les centristes auraient souhaité que leurs collègues sortent d'une "posture politique" pour amender le texte dans le sens d'une plus grande "transparence" et d'une meilleure "régulation".

Le ministre a lui-même insisté avant le vote sur le rôle que pouvait avoir le Sénat "dans le renforcement de la régulation", rappelant à plusieurs reprises qu'il était prêt à accepter des amendements dans ce sens.

Le débat s'est envenimé dans la soirée, les sénateurs et le ministre s'opposant, dans une grande confusion, sur l'opportunité de continuer à débattre de la régulation économique, une fois la privatisation rejetée.

M. Le Maire a indiqué ne pas "se sentir lié" par ces discussions. "Je vous ai tendu la main et vous n'avez pas voulu la saisir, votre choix est fait", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas du chantage, c'est de l'honnêteté", a-t-il rétorqué à la sénatrice LR Sophie Primas qui s'offusquait de ces propos.

Le produit des cessions d'actifs d'ADP, ainsi qu'une partie de ceux détenus par l'État dans la Française des jeux et Engie, devrait être investi en obligations d'État et rapporter 250 millions d'euros par an qui serviront à financer des projets innovants.

L'examen de la loi Pacte se poursuivra mercredi après-midi avec les dispositions autorisant l'Etat à descendre en-dessous d'un tiers du capital d'Engie.

Les articles dans la même thématique
Jet Airways sauvée par ses créanciers? Jet Airways sauvée par ses créanciers?
Jet Airways n'arrive pas à s'éloigner du gouffre au bord duquel elle se trouve depuis plusieurs mois. Ecrasée par une dette de plus d'un milliard ... Lire la suite
La Compagnie mettra son Airbus A321neo en service en juin La Compagnie mettra son Airbus A321neo en service en juin
La mise en service de l'A321neo de La Compagnie prendra un petit peu de retard. Elle a en effet annoncé le 14 février que le ... Lire la suite
15 FEV. 2019 Aéroports
Le Groupe ADP devient le plus grand groupe aéroportuaire du monde Le Groupe ADP devient le plus grand groupe aéroportuaire du monde
« En 2018, il y a quelque chose qui nous frappe, c'est que nous sommes le numéro un mondial. » C'est ainsi qu'Augustin de Romanet ... Lire la suite
15 FEV. 2019 Transport aérien
Ciel unique africain : déjà 28 Etats signataires, mais encore des réticences Ciel unique africain : déjà 28 Etats signataires, mais encore des réticences
Le Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) tend progressivement vers son effectivité. Officiellement lancé le 28 janvier 2018 en Éthiopie, le projet du ciel ... Lire la suite
Etihad veut annuler 42 Airbus A350 Etihad veut annuler 42 Airbus A350
Les difficultés d'Etihad continuent et la compagnie restructure son carnet de commandes. Après avoir annulé dix A321neo à la fin de l'année dernière, la compagnie ... Lire la suite
Dans la rubrique Transport aérien, la Rédaction vous recommande
Le Groupe ADP devient le plus grand groupe aéroportuaire du monde Norwegian abandonne les Antilles
Germania fait faillite à son tour Air Premia s'élancera avec des Boeing 787-9
HOP! s'efface au profit d'Air France ANA commande 48 Airbus et Boeing et prend une participation dans Philippine Airlines
19/02 Safran et Thales continuent d'investir en Inde
19/02 Avec la fin de l'A380, Airbus met définitivement le cap sur l'efficience
19/02 Air France : feu vert des pilotes sur leur accord catégoriel
19/02 La France doit éviter « la coopération pour la coopération » dans les programmes d'armement
18/02 Le programme MC-21 retardé d'un an à cause des sanctions américaines
18/02 Le programme B737-800SF d'Aeronautical Engineers décroche sa certification FAA
IL Y A 8 HEURES
La Suisse a réceptionné son nouvel avion de transport gouvernemental. Le PC-24 remplacera le Beech 1900D déployé depuis 2007. L'avion avait été commandé à PILATUS en 2014. Il sera stationné à Bern-Belp.
IL Y A 9 HEURES
Selon la presse néerlandaise, le conseil d'administration d'AIR FRANCE-KLM aurait décidé de reconduire PIETER ELBERS au poste de CEO de KLM. Son mandat actuel devait expirer au mois d'avril et son renouvellement était incertain en raison d'un désaccord avec Benjamin Smith quant à la stratégie du groupe. Les employés de KLM avaient menacé de faire grève en cas d'éviction.
IL Y A 13 HEURES
(Aero India 2019) SAFRAN va construire une nouvelle usine à Hyderabad dédiée à la production de pièces de LEAP. Nécessitant un investissement de 36 millions d'euros, elle couvrira une surface de 13 000 m² (dont 8 000 m² d'ateliers) et emploiera une cinquantaine de personnes à son lancement, 300 à terme. Les travaux devraient débuter en juin et les premières pièces être produites début 2020. A pleine cadence, en 2023, elle pourra livrer jusqu'à 15 000 pièces par an.
Retrouvez toute l'actualité aéronautique en bref sur Alertavia, la plateforme d'information du Journal de l'Aviation à destination des professionnels.

Avec la fin de l'A380, Airbus met définitivement le cap sur l'efficience
Comment Manitou innove pour les besoins de la maintenance aéronautique
Recevoir la Newsletter quotidienne du Journal de l'Aviation
En renseignant votre adresse email, vous acceptez de recevoir chaque jour nos derniers articles par courrier électronique. Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer nos lettres d'information. Vous pourrez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la newsletter.
Notre actualité | Qui sommes-nous ? | Programme rédactionnel | Mentions légales | CGV | Contact | Plan du site

© 2019 Le Journal de l'Aviation - Groupe AEROCONTACT

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.  OK  En savoir plus