Mexicana n’y tenait plus. La compagnie mexicaine a annoncé le 3 août qu’elle s’était placée sous la protection de la loi sur les faillites pour échapper à ses créanciers, protéger ses opérations et optimiser ses efforts de restructuration. La démarche a été simultanément effectuée au Mexique (Ley de concurso mercantil) et aux Etats-Unis (Chapitre 15).
Cela faisait plusieurs semaines que la presse mexicaine annonçait la faillite de Mexicana. Le 29 juillet, deux de ses appareils avaient été cloués au sol au Canada, entraînant l’annulation de leurs vols. Une société de leasing avait demandé aux autorités canadiennes d’agir ainsi en raison des incertitudes qui pesaient sur la santé financière de la compagnie.
Le 2 août, elle a été fixée. Mexicana a en effet officiellement admis que sa situation financière et sociale n’était plus tenable, malgré plus de quatre ans de restructuration qui lui ont permis d’économiser 800 millions de dollars. Elle a également incriminé les salaires de son personnel navigant de l’avoir menée à cette situation.
Selon Mexicana, les salaires des pilotes sont supérieurs de 49% à ceux des pilotes des compagnies traditionnelles aux Etats-Unis et ceux du personnel de cabine de 32% – et respectivement de 185% et 165% supérieurs à ceux des low-cost mexicaines. La compagnie a donc demandé que les PN acceptent une réduction de salaires de 41%, une baisse de leurs effectifs de 40% en échange d’un intéressement sur les résultats ; une proposition que les syndicats ont immédiatement rejetée.
Cette nouvelle intervient quelques jours après que la FAA a rétrogradé le Mexique en catégorie 2. L’administration américaine estime que l’autorité de l’aviation civile du pays ne respecte pas les standards de sécurité définis par l’OACI, bien que de grands progrès aient été accomplis ces derniers mois.
Cette rétrogradation interdit aux compagnies mexicaines d’ouvrir de nouvelles liaisons vers les Etats-Unis mais celles qui sont actuellement en vigueur subsistent. De plus, tout partage de code avec une compagnie aérienne américaine est désormais suspendu, pénalisant de fait Mexicana vis-à-vis de son partenaire American Airlines et Aeromexico avec Delta Airlines.





