Air France-KLM a enregistré un premier trimestre solide mais s’attend à davantage de vents contraires sur les prochaines semaines. La crise au Moyen-Orient a en effet des effets divers sur ses opérations, mais surtout celui d’augmenter la facture carburant. Elle s’attend à augmenter ces dépenses de 2,4 milliards de dollars sur l’année et a donc décidé de modérer légèrement la croissance de ses capacités.
L’année avait pourtant bien commencé. Le chiffre d’affaires du groupe est en hausse de 4,4 % au premier trimestre, à 7,5 milliards d’euros, et le résultat opérationnel, s’il reste négatif, s’améliore de 301 millions d’euros pour atteindre une perte de 27 millions d’euros. La recette unitaire s’est quant à elle améliorée, notamment grâce à la stratégie de premiumisation, mais pas uniquement.
Le conflit qui a éclaté au Moyen-Orient a également eu un effet. La baisse des capacités dans l’industrie en général – et de ses concurrentes du Golfe en particulier – a entraîné une augmentation des yields. Ils ont ainsi enregistré une hausse de 8,7 % en mars. Doté d’un réseau faiblement exposé à la région Moyen-Orient (qui ne représente que 2 % de ses capacités totales), le groupe a facilement redéployé ses appareils sur d’autres destinations, comme Bangkok. La demande reste par ailleurs très solide, ne faisant pas craindre une baisse des réservations sur le reste du réseau.
Seule ombre au tableau, la hausse des prix du carburant. Le groupe ne s’inquiète pas d’une pénurie de kérosène, l’approvisionnement de ses hubs de Paris et Amsterdam étant solide. Hormis quelques destinations comme Singapour et Haneda, les aéroports de son réseau lui ont rarement demandé de ne pas augmenter ses capacités sur leurs lignes. En revanche, elle estime que sa facture carburant pour l’année va atteindre 9,3 milliards de dollars, en hausse de 2,4 milliards de dollars par rapport à 2025, et de 1,1 milliard de dollars sur le seul premier trimestre. L’impact de la hausse des coûts en mars a en effet été tempéré grâce à la politique de hedging, qui donne en moyenne deux semaines de latitude au groupe avant de ressentir les fluctuations tarifaires, et n’est donc pas reflété dans le bilan du premier trimestre.
Ne pouvant pas répercuter l’intégralité du surcoût sur le prix du billet, le groupe va donc combiner l’outil de la surcharge carburant à une modération de la hausse des capacités. Ainsi, 60 % de la hausse du prix du carburant sera supportée par le passager, et les capacités du groupe n’augmenteront plus que de 2 % à 4 % sur l’année (contre 3 % à 5 % initialement visé). Les efforts seront faits sur le segment long-courrier, où la capacité augmentera de 2 % à 4 % au lieu des 4 % visés initialement, et par Transavia, chez qui la capacité augmentera de 8 % à 10 % au lieu de 10 %. Une plus grande prudence sera également apportée aux investissements. Les investissements dans la modernisation de la flotte sont maintenus à leur niveau mais certains autres, moins urgents, pourront être reportés en attendant une amélioration de la situation.









