L’IATA a été surprise par la rapidité de la reprise. L’association internationale du transport aérien a tenu son assemblée générale à Berlin le 7 juin et a présenté de nouvelles prévisions pour l’année 2010. Elle estime que le secteur devrait non plus être déficitaire de 2,8 milliards de dollars mais bénéficiaire de 2,5 milliards de dollars.
Le trafic a en effet enregistré un fort rebond au premier trimestre et les niveaux de réservation semblent encourageants. L’IATA a donc complètement revu ses prévisions de 2010. Le trafic passager devrait augmenter de 7,1% par rapport à 2009 et celui du cargo de 18,5% – les prévisions du mois de mars prévoyaient seulement 5,6% et 12% d’augmentation respective. Autre point positif, les recettes unitaires devraient augmenter de 4,5% dans les deux secteurs. Enfin, alors de le secteur craignait que la crise n’entraîne un changement structurel profond du trafic Premium, celui-ci reprend : il a augmenté de 20% au premier trimestre.
Mais l’IATA n’est pas du genre à crier victoire. Au contraire, l’association a de nouveau tempéré ces bonnes nouvelles : la marge moyenne du transport aérien ne dépassera pas 0,5% et l’Europe restera déficitaire. Entravées par une économie stagnante, une crise monétaire, des grèves, les fortes chutes de neige et l’éruption du volcan islandais, les compagnies aériennes de la région devraient encore enregistrer une perte nette globale de 2,8 milliards de dollars. C’est pire que prévu au mois de mars (où l’IATA estimait le déficit à 2,2 milliards de dollars) mais ont constate un redressement par rapport à 2009, où les pertes avaient atteint 4,3 milliards de dollars.
Les autres régions du monde seront en croissance. Elle sera la plus forte en Asie Pacifique (hors Japon) : le bénéfice net atteindra 2,2 milliards de dollars, alors qu’il était estimé à 900 millions en mars et que la région était déficitaire de 2,7 milliards en 2009. Le revirement sera toutefois le plus spectaculaire en Amérique du Nord. Après avoir perdu 2,7 milliards en 2009, la région devait perdre 1,8 milliard : elle devrait finalement gagner 1,9 milliard de dollars. Enfin, avec 100 millions de bénéfices chacun, le Moyen-Orient et l’Afrique devraient être bénéficaires pour la première fois depuis 2005 et 2002 respectivement.
