Air Calédonie lutte maintenant pour ne pas disparaître. Le tribunal mixte de commerce de Nouméa a placé la compagnie aérienne régionale en redressement judiciaire le 14 avril, entérinant l’état de cessation des paiements constaté par son conseil d’administration le 27 mars. La compagnie, pivot de la desserte intérieure en Nouvelle-Calédonie, affiche un passif exigible évalué à 256 millions de francs CFP (2,1 millions d’euros), alors que ses appareils restent cloués au sol depuis 7 semaines par le blocage des aérodromes des îles Loyauté et de l’île des Pins.
La procédure ouvre une période d’observation de six mois, renouvelable, durant laquelle l’ensemble des dettes antérieures au 14 avril est gelé afin de préserver la trésorerie et d’élaborer un plan d’apurement du passif. Selon le parquet de Nouméa, ce dispositif est présenté comme une dernière chance de sauvegarder l’activité d’Air Calédonie et ses quelque 220 salariés.
Le blocage prolongé des plateformes insulaires, lié à l’opposition au transfert annoncé des opérations de Nouméa-Magenta vers La Tontouta, génère un déficit journalier estimé à 10 millions de francs CFP. La poursuite de l’activité et la réussite du plan de redressement dépendront à la fois d’une reprise des vols et des décisions des actionnaires publics en matière de soutien financier.
Air Calédonie avait maintes fois averti des difficultés qui menacent sa survie avec l’arrêt de ses vols. La compagnie avait été frappée de plein fouet par les émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie, avec d’importantes pertes financières et une chute de trafic induite par l’effondrement du tourisme. Ses salariés avaient déjà subi un plan social de grande ampleur et accepté des réductions de salaire.
La décision de déménager Air Calédonie de Magenta vers La Tontouta a été officiellement actée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en novembre dernier afin de mutualiser les infrastructures avec Aircalin tout en simplifiant les correspondances entre les vols intérieurs et les vols internationaux, réduire les coûts d’exploitation de la compagnie et éviter des investissements lourds sur l’aérodrome de Magenta. Mais un mouvement de contestations a engendré la fermeture de quatre aérodromes desservant les Îles Loyauté et l’île des Pins, un mouvement lié au fait que des collectifs s’opposent au déménagement des vols à La Tontouta, jugé trop éloigné de Nouméa (40 km).








