C’est le lancement d’une nouvelle compagnie peu ordinaire dans le ciel français. Motu Link Airline vient de décrocher son Certificat de transporteur aérien (CTA) auprès de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et lance ses premiers vols dans le ciel polynésien en proposant des vols de transport de fret entre Tahiti et les îles éloignées. La compagnie entend tout d’abord se concentrer sur des vols à la demande avant de lancer ses vols réguliers vers cinq destinations jugées stratégiques : Raiatea, Bora Bora, Rangiroa, Tubuai et Nuku Hiva.
Les vols sont assurés par un ATR 72-500F (MSN 713, immatriculé F-OHEI), un appareil baptisé « Te Hono » acquis directement auprès de l’avionneur ATR l’année dernière et livré le 20 février dernier. L’appareil tout cargo, qui peut transporter jusqu’à 8,5 tonnes de fret, est opéré sous la marque Motu Link Cargo. Il s’agit de fait du tout premier ATR cargo dans le Pacifique Sud.
Le projet de création de cette nouvelle compagnie aérienne remonte à 2017 avec la rencontre de trois cofondateurs polynésiens, Alexandre Mu (son président), Leila Kocik et Pascal Mou, unis par la même observation : l’offre aérienne existante répond mal aux besoins quotidiens des populations des archipels. Un an plus trad, ils dressent un premier diagnostic sans appel. Dans de nombreuses îles, un simple colis peut mettre plusieurs jours à arriver, qu’il s’agisse de produits frais, de pièces détachées essentielles ou de matériel médical, avec des conséquences lourdes pour les particuliers comme pour les professionnels.
La société est créée en 2021 et obtient sa licence de transporteur aérien, avec un modèle économique hybride, combinant transport de passagers et fret. Ce modèle sera abandonné en 2023 au profit d’un recentrage sur le fret, donnant naissance à Motu Link Cargo.
En 2024, Motu Link se lance dans le processus d’acquisition d’un ATR 72-500F et lance une levée de fonds en investissement participatif, une première en Polynésie française. Au total, 380 millions de francs pacifiques sont réunis (3,18 millions d’euros), dont 72 millions provenant d’investisseurs locaux.
La jeune compagnie ambitionne d’aligner trois ATR tout cargo d’ici 2027 afin de garantir la robustesse de l’exploitation et la continuité de service lors des immobilisations pour maintenance.









