Empêtrée dans une situation financière et opérationnelle très difficile, SpiceJet va recourir au leasing pour tenter de stabiliser son activité cet hiver. La compagnie a finalisé des accords de leasing avec trois opérateurs, en vue d’intégrer quinze Boeing et cinq Airbus, dont des A321, à sa flotte entre mi-octobre et mi-novembre, sous des contrats de damp-lease et de wet-lease.
Ces appareils doivent lui permettre de renforcer ses opérations pour la période hivernale, notamment pendant Diwali et les fêtes de fin d’année. Elle compte ainsi pouvoir proposer jusqu’à 200 vols quotidiens sur cette période.
Ce n’est pas la première fois que SpiceJet adopte de telles mesures, puisqu’elle avait agi de façon similaire en 2025 et avait ainsi pu doubler le nombre de ses vols sur cette période.
La situation de la compagnie est critique puisque seuls onze appareils, sur un parc d’un peu plus de cinquante, sont opérationnels. Les autres sont immobilisés, pour des questions de maintenance ou en raison de conflits avec leurs loueurs (et en voie de restitution). Elle a notamment cessé d’exploiter ses 737 MAX. Plusieurs ont déjà fait l’objet de procédures de désenregistrement et de restitution à leurs loueurs et les trois derniers exemplaires de la flotte sont immobilisés depuis le 20 août et doivent à leur tour la quitter. Ses opérations reposent désormais sur six 737NG, trois A320 et deux Dash-8-400.
Le contraste est saisissant avec la SpiceJet de la fin des années 2010. En 2019, après la disparition de Jet Airways, SpiceJet était la deuxième compagnie indienne sur le marché intérieur, frôlant les 15 % de parts de marché. Confiante en ses capacités d’expansion, elle avait conclu un accord avec Boeing pour 155 737MAX (et cinquante options). Mais, déjà fragile financièrement, elle a vu son activité se dégrader. Elle n’a reçu que treize 737-8 avant que les livraisons ne cessent et ne détenait que 1,6 % de parts de marché au mois de juillet.


