Le groupe ADP a franchi une nouvelle étape essentielle vers l’acceptation de son nouveau contrat de régulation économique (CRE). Un accord a en effet été conclu avec l’Etat au sujet de ses modalités industrielles et économiques le 29 juillet. En parallèle, le groupe a publié ses résultats semestriels. S’ils démontrent la résilience du groupe, ils incluent également une révision de certains indicateurs de ses perspectives annuelles, en raison d’un environnement toujours incertain.
Sur le premier semestre, le groupe a en effet enregistré un chiffre d’affaires en croissance de 1,6 % (à 3,2 milliards d’euros), mais un EBITDA en baisse de 1 % (à un milliard d’euros). Le résultat net a quant à lui triplé (à 312 millions d’euros), notamment grâce à la cession partielle de la participation du groupe dans GMR Airports. Les difficultés sont plus visibles au niveau du bilan du trafic, qui est resté stable au niveau groupe (179,2 millions de passagers) et a légèrement augmenté, de 0,5 %, au niveau de Paris Aéroport (51,6 millions de passagers).
Le trafic a accusé l’impact de la crise au Moyen-Orient, qui a touché différemment les différentes activités du groupe, affectant davantage TAV Airports, Amman et les aéroports indiens (à cause de la hausse du prix du carburant) que Paris. En revanche, d’autres faisceaux ont également montré des signes de ralentissement à Paris, par exemple les Amériques. Le trafic estival y est désormais attendu en baisse par rapport à l’année dernière, avec un retour de la croissance en automne.
Des mesures d’économies ont été mises en place, qui devraient permettre d’éviter les dépenses de 40 à 60 millions d’euros au niveau groupe, principalement au second semestre. Cela comprend, des ajustements sur certaines prestations sous-traitées, une discipline des dépenses des fonctions support (dans le conseil, la communication, les événements, les déplacements) ou encore le report de dépenses non critiques. Malgré tout, le groupe estime que son EBITDA pour l’année devrait se situer entre 2,3 et 2,35 milliards d’euros (contre plus de 2,35 milliards d’euros envisagés). La croissance du trafic à Paris est également estimée à 0,5 % sur l’année (contre 1,5 % à 2,5 % envisagés).
Le CRE en voie d’être signé
L’élaboration du nouveau contrat de régulation économique progresse en revanche. Un accord a été signé avec l’Etat, qui confirme les fondamentaux du projet présenté par le groupe ADP et comprend quelques ajustements à la suite de consultations avec le ministère chargé de l’Aviation civile, les compagnies aériennes et l’autorité de régulation des transports (ART).
Ainsi, le prochain CRE devrait bien courir sur huit ans (au lieu de cinq jusqu’à présent), afin d’assurer une gestion fluide des 8,2 milliards d’euros qui seront investis dans l’amélioration des structures et l’augmentation des capacités à Paris.
Le projet industriel reste le même, avec une mise en place en trois étapes. Sur la période 2027-2030, les investissements du groupe viseront à améliorer la fluidité du parcours passager, par l’augmentation des capacités de contrôle aux frontières ou la modernisation des contrôles sûreté par exemple. La période 2030-2032 verra l’optimisation et la densification des structures existantes pour augmenter les capacités des plateformes parisiennes. Enfin, la période 2032-2034 sera concentrée sur la création de nouvelles capacités et le développement de l’intermodalité. Parmi les grands chantiers se trouvent le développement du satellite Est de Paris-Charles de Gaulle (extension du 2E), le développement de nouvelles capacités d’embarquement à Paris-Orly, ou encore l’augmentation des capacités de stationnement au contact.
Le volet financier a un petit peu évolué, tout en restant aligné sur les principes de modération tarifaire et de juste rémunération des capitaux investis. Le groupe et l’Etat se sont accordés sur un coût moyen pondéré du capital de 5,8 %, dans le haut de la fourchette de l’ART. ADP consent à s’exposer davantage aux risques opérationnels liés au cœur de métier, par exemple en appuyant son projet sur une hypothèse de croissance du trafic de 1,9 % par an en moyenne (contre 1,6 % initialement), en renforçant le mécanisme incitatif lié à la qualité de service, en en introduisant un autre relatif à la performance environnementale, ou encore en mettant en place un système incitatif lié au coût de réalisation de certains projets majeurs (en plus de celui lié au respect des délais de livraison).
Par ailleurs, la hausse des tarifs des redevances sera plafonnée en moyenne à 2,1 points au-dessus de l’indice des prix à la consommation (IPC) sur la durée du CRE – avec une augmentation de quatre points en 2027 et 2028 puis de 1,5 point sur le reste de la période.
A l’inverse, l’Etat protègera le groupe des risques externes, comme les hausses de la fiscalité (par exemple une évolution de l’impôt sur les sociétés).
Le processus n’est pas encore terminé, avec des consultations formelles à venir avec les compagnies aériennes puis la saisie de l’ART par le ministère pour délivrer un avis conforme. Le groupe ADP attend la signature du CRE d’ici la fin du mois de novembre, pour une mise en oeuvre dès le 1er janvier 2027.










