« FINIES LES VENTES DE BOMBARDIER AUX ÉTATS-UNIS ! » Le président américain Donald Trump s’est de nouveau emporté contre Bombardier le 7 septembre. Dans un post publié sur son réseau Truth Social, il dénonce à la fois la qualité des produits de l’avionneur canadien, une situation commerciale « injuste et inéquitable » et exige une augmentation de l’empreinte industrielle aux Etats-Unis si Bombardier souhaite y maintenir ses ventes.
Donald Trump porte plusieurs accusations envers Bombardier. Il met en avant l’exposition importante de l’avionneur au marché américain, avançant que plus de 50 % du chiffre d’affaires provient des États-Unis. Selon lui, Bombardier vit donc grâce aux entreprises et clients américains, alors que, dans le même temps, le Canada « bloque (les) GRANDES banques et entreprises américaines ».
Il a également réévoqué le différend avec Gulfstream, qui avait provoqué son premier coup de sang contre Bombardier en janvier : il avait présenté les délais de certification de plusieurs modèles de Gulfstream comme un traitement injuste de l’industrie américaine et une tentative de bloquer les ventes au Canada. Il avait alors menacé de remettre en cause la certification FAA des jets de Bombardier et d’imposer des droits de douane. Entre temps, les appareils de Gulfstream concernés par le différend (G500, G600, G700 et G800) ont reçu leur certification canadienne en février 2026.
Le président américain exige également une production accrue aux Etats-Unis : « s’ils veulent notre marché, ils doivent construire ici et cesser de traiter l’Amérique comme une tirelire. » A ce sujet, Bombardier a publié une longue réponse, dans laquelle il rappelle qu’il a créé des « dizaines de milliers d’emplois à travers les États-Unis », répartis dans tout le pays. Il entretient en effet des sites au Kansas, au Texas, en Arizona, en Floride, dans le Connecticut, dans l’Illinois, dans le Delaware, en Californie, à Washington D.C. et dans le New Jersey, employant en direct des collaborateurs dans vingt états.
Sa chaîne d’approvisionnement compte par ailleurs environ 2 800 entreprises américaines réparties dans 47 états, auprès desquelles Bombardier « dépense chaque année plus de 2,5 milliards de dollars ». Mieux, les jets sont produits avec des composants fabriqués aux Etats-Unis, notamment des moteurs, de l’avionique, ou encore les ailes du Global 8000 (produites au Texas) et des composants essentiels aux commandes de vol (à Los Angeles). L’avionneur est également en train de développer ses activités de défense et de services dans le pays.
Bombardier conclut que « l’industrie de l’aérospatiale américaine est clairement gagnante en matière de commerce et d’exportations ».
Cette nouvelle sortie de Donald Trump a pour but de mettre un coup de pression sur le Canada. Elle est en effet intervenue quelques heures seulement avant que le gouvernement d’Ottawa n’impose des contre-tarifs sur des centaines de produits américains, en représailles à des mesures similaires déjà mises en place par les Etats-Unis à son encontre.


