L’augmentation annoncée des redevances à l’aéroport de Berlin a été le coup de grâce pour la base de Ryanair. La low-cost irlandaise a annoncé qu’elle fermerait sa base le 24 octobre, redéployant les sept appareils qui y sont actuellement basés sur d’autres aéroports en Europe. Cela entraînera une réduction de moitié de ses vols et de ses passagers à l’aéroports en 2027 (passant de 4,5 à 2,2 millions de passagers annuels).
Ryanair explique que cette décision a été prise en raison de l’augmentation des redevances que planifie l’aéroport : elles devraient renchérir de 10 % entre 2027 et 2029. La compagnie juge toutefois qu’elles étaient déjà à un niveau trop élevé, ayant augmenté de 50 % depuis la crise sanitaire. Elle souligne également que sur la même période, 2019-2025, le trafic a été réduit de 27 % sur la plateforme.
Cette augmentation des redevances intervient alors que le gouvernement allemand a consenti à réduire sa taxe sur le transport aérien à partir du 1er juillet. Une réduction qui n’est toutefois pas suffisante pour sauver le transport aérien allemand, selon le BARIG (Board of airlines representatives in Germany), puisqu’elle ne ramène même pas le niveau de la taxe à son niveau de 2024 (date de la dernière augmentation).
Faisant écho au constat de l’association qui s’alarme que l’aviation allemande soit engagée dans une spirale descendante, Eddie Wilson, le directeur général de Ryanair, assène que « l’aviation allemande est en crise. » Il ajoute que « le gouvernement reconnaît son manque de compétitivité, mais aucune stratégie n’est prévue pour réduire les taxes aériennes ou les redevances aéroportuaires élevées – bien que Ryanair ait averti que l’Allemagne risquait de perdre du trafic, des liaisons, des emplois et des échanges commerciaux. »
Il rappelle que Ryanair a fermé trois bases en Allemagne depuis 2019 (Francfort, Düsseldorf et Stuttgart, entraînant la perte de treize appareils basés) et suspendu toutes ses opérations vers trois autres aéroports (Dresde, Leipzig et Dortmund) en raison des surcoûts. En effet, la taxe sur le transport aérien a plus que doublé entre 2019 et 2025 et l’ajustement évoqué plus tôt la maintiendra à un niveau supérieur de près de 75 % par rapport à 2019 (7,30 euros en 2019, 15,5 euros en 2026, 12,73 euros à compter du 1er juillet). Dans le même temps, la taxe pour la sécurité va atteindre 20 euros en 2028, contre 10 euros en 2019, tandis que les coûts du contrôle aérien augmentent également.









