Le salon Aircraft Interiors a été intense pour Recaro Aircraft Seating, qui a dévoilé un nouveau siège léger pour les classes économiques des monocouloirs d’Airbus et Boeing qui sera lancé sur les A320/A321neo de TAP Air Portugal, un nouvel ensemble de modifications à son siège de classe économique long-courrier destiné à améliorer le confort des passagers, un partenariat avec Jetlite pour adapter l’éclairage de chaque siège au profil de son passager ou un nouveau client, Cebu Pacific, pour l’une de ses plateformes de classe économique (SL3510) pour sa flotte d’A321neo… Un salon foisonnant à l’image du développement de la compagnie allemande, comme nous l’explique son PDG Mark Hiller.
Quelle a été votre croissance en 2018 et quelles sont vos perspectives ?
En 2018, notre chiffre d’affaires a augmenté de 20% et a pour la première fois dépassé les 500 millions d’euros. C’est un très bon résultat parce que le marché des sièges croît de 5% par an. Nous pensons que nous allons continuer sur la même tendance, avec une croissance peut-être un petit peu moins forte cette année mais qui sera bien au-dessus des 10% et pourrait approcher les 20%. Il y a quelques incertitudes, comme l’impact de l’immobilisation des Boeing 737 MAX que nous ne pouvons pas encore estimer. Mais les années suivantes et sur le long terme, notre croissance devrait également se situer autour des 10%. Pour cela, nous nous appuyons sur la croissance du marché et nous travaillons à gagner toujours plus de parts de marché, notamment en augmentant nos capacités de production, avec de nouveaux sites en Chine et en Pologne. Nous sommes leader du marché sur la classe économique. Nous voulons aussi le devenir sur la classe affaires d’ici dix ans.
Vos résultats sont-ils plutôt portés par le line-fit ou le rétrofit ?
Pour le moment, la majorité de notre activité est réalisée sur le segment du line-fit. Mais nous voyons le rétrofit prendre une place de plus en plus importante. Il y a deux raisons à cela. Tout d’abord, nos clients, anciens et nouveaux, réaménagent le reste de leur flotte lorsqu’ils installent un nouveau siège sur un type avion. L’autre raison est le vieillissement des cabines et leur renouvellement de plus en plus rapide.
Quels sont vos investissements en R&D et à quelle classe sont-ils majoritairement destinés ?
Nous investissons plus de 10% de nos recettes dans la R&D, nous avons 500 ingénieurs qui travaillent sur de nouveaux produits, de nouvelles solutions pour améliorer le confort des passagers et nous avons plus de 300 brevets qui protègent nos innovations. Ces investissements sont réalisés dans toutes les classes de voyage, même si la très grande majorité de notre production est pour le moment tournée vers la classe économque, et nous avons des nouveautés à présenter pour chacune.
Dans quelle direction le marché de la cabine va-t-il se développer, selon vous ? Vers la cabine connectée, une plus grande segmentation… ?
Au-delà de la recherche d’efficacité, il y a une grande tendance, celle de la digitalisation. Elle va fortement se développer dans les années à venir mais cela prendre du temps, pour le développement, pour la certification, pour le déploiement. Avant cela, les développements se feront vers la flexibilité. Il va y avoir de plus en plus de segmentation, avec différentes sortes de segmentation, par exemple avec des familles de classe économique. Les compagnies sont déjà devenues bien plus flexibles avec leur système de réservation. Avant, il y avait une volonté d’avoir une classe économique homogène, intégrée, de 300 sièges. Les compagnies en sont revenues et proposent maintenant des parties de cabine avec un pitch accru ou un siège plus large, afin de pouvoir les vendre à un prix différent et mieux répondre aux besoins de leurs passagers.
Quelles seront les grandes évolutions en classe affaires ?
En classe affaires, il y aura de plus en plus d’intimité, comme ce que nous voyons aujourd’hui avec les portes et des séparateurs. Tout tournera beaucoup autour de l’individualisation. Et JetLite en est un exemple. Mais il s’agira aussi de contrôler votre environnement : la lumière, le bruit… pour créer votre propre environnement. Ce sera vraiment le sujet.
Et en classe économique ?
Il n’y aura pas de révolution mais nous allons beaucoup améliorer le confort pour dormir. C’est un grand pas, même sur un pitch restreint, pour améliorer le confort.
Quelle est votre position sur le marché de la Premium Economy ?
Nous avons une très belle part de marché en classe Premium Economy. Nous avons notamment Qantas, British Airways, Air Canada… Nous avons été novateurs sur ce segment et nous nous sommes engagés très tôt. Aujourd’hui, la Premium Economy est devenue standard. Il y a cinq ans, les compagnies se demandaient encore si cela avait du sens, si elles pouvaient se le permettre… Maintenant, lorsqu’une compagnie s’engage sur une Premium Economy, elle commence avec 24 sièges. Cela marche et elle l’étend à 36 sièges ou plus, la fait empiéter sur la classe affaires ou économique. C’est vraiment la tendance : une fois qu’une compagnie s’est décidée pour la Premium Economy, elle augmente cette cabine. Désormais, parmi les compagnies traditionnelles, 70% sont équipées ou ont décidé de s’équiper d’une Premium Economy.








