L’inspiration pourrait venir du modèle low-cost. Christoph Franz, le Président de Lufthansa, a expliqué que les activités moyen-courriers de la compagnie avaient besoin d’être restructurées et que certaines modifications très précises pourraient s’inspirer du modèle low-cost. Les grandes lignes de ce remaniement ont été exposées à l’occasion de plusieurs interviews accordées à des quotidiens allemands le 17 novembre, notamment die Welt et die Süddeutsche Zeitung.
L’objectif est ambitieux : Lufthansa doit réduire de 40% ses coûts au siège. Plusieurs moyens s’offrent à elle pour y parvenir. Au niveau opérationnel, elle compte placer de plus grands appareils sur ses liaisons moyen-courriers afin de les rendre plus facilement rentables. Elle espère également réussir à améliorer leur utilisation en augmentant d’une heure leur temps de service quotidien.
Au niveau de la cabine, quelques changements sont également à prévoir et c’est là que se fait ressentir l’influence du modèle low-cost. Lufthansa envisage en effet d’installer davantage de sièges à bord en réduisant l’épaisseur de leur dossier. Elle souhaite également proposer six services de restauration adaptés au temps de vol, allant du snack au repas chaud. Contrairement à Ryanair ou easyJet mais comme sur Air Berlin, le service resterait gratuit. Christoph Franz a également précisé que la classe affaires serait conservée. Le recours à ce modèle devrait donc rester limité.
« Si on laisse les choses telles qu’elles sont, Lufthansa va disparaître de nombreux marchés secondaires »
Si les principes du low-cost sont impossibles à appliquer au sein d’une compagnie Premium, l’immobilisme n’est pas non plus une option. Christoph Franz a expliqué que les conditions sur le long-courrier avaient considérablement changé ces cinq dernières années : la concurrence s’est grandement intensifiée, faisant diminuer les parts de marché et les tarifs de Lufthansa. Aujourd’hui, le secteur n’est plus assez rentable pour compenser les pertes sur le moyen-courrier, qui doit donc désormais gagner de l’argent par lui-même.
Or il y a les low-costs. Et Christoph Franz reconnaît que Lufthansa avait sous-estimé la puissance de leur concurrence. A l’heure du réveil, celle-ci est frontale sur une centaine des liaisons de la compagnie allemande. Elle est notamment problématique dans les hubs de Munich et Francfort où Lufthansa s’est concentrée sur le développement de son réseau long-courrier et son alimentation par ses liaisons traditionnelles et celles de ses partenaires de Star Alliance. A présent, elle va devoir investir à nouveau dans son réseau moyen-courrier et cela doit aussi passer par la réduction des coûts. Les nouveaux sièges, qui représentent donc une partie de la solution, seront installés à partir de 2010.
