La menace planait depuis plusieurs mois. Japan Airlines a déposé son bilan le 19 janvier devant le tribunal de Tokyo. Sa gestion est désormais assurée par l’ETIC, un organisme japonais chargé du redressement des entreprises. Toutefois, les vols se poursuivent, ainsi que le programme de fidélisation.
Durant son processus de restructuration, Japan Airlines sera protégée de ses créanciers. Mais elle continuera tout de même à régler les plus importantes factures liées à ses opérations – dans le but de pouvoir les assurer –, par exemple pour son carburant, ses repas, certains services ou ses appareils en leasing.
Le programme de restructuration va tout de même demander des sacrifices à la compagnie japonaise. Il prévoit la suppression de 15 600 emplois (sur 47 790), une réduction globale des salaires, la suspension des lignes les moins rentables et la cession de certaines filiales. L’ETIC devrait également demander l’effacement d’une partie de la dette et une nouvelle injection de capitaux.
Créée en 1953, Japan Airlines connaît des difficultés chroniques depuis le début des années 2000. La crise suivant les attentats du 11 septembre 2001 additionnée à l’épidémie de SRAS, au conflit en Irak, à la flambée des prix du pétrole et aux surcharges carburant facturées en compensation ont eu pour conséquence une grave chute de la demande des passagers, notamment à l’international. A force de suppression d’emplois, d’amélioration de la productivité et des structures de coûts, Japan Airlines avait toutefois réussi à dégager un bénéfice au premier trimestre 2008. Mais la crise financière a immédiatement assombri son ciel en faisant chuter la demande en classe Affaires et dans le secteur cargo. Le changement de gouvernement en août 2009 s’est enfin accompagné d’un changement d’attitude envers la compagnie : le Premier ministre Yukio Hatoyama, s’est montré plus exigeant et a refusé de jeter l’argent public japonais dans le gouffre sans fond que Japan Airlines était devenue.









