Le BEA a publié le 17 décembre son très attendu second rapport d’étape sur la catastrophe de l’Airbus A330 d’Air France reliant Rio de Janeiro à Paris dans la nuit du 1er juillet dernier.
Ce nouveau rapport n’avance aucune explication concernant les causes de l’accident mais apporte toutefois des précisions sur l’état de l’appareil lors de son contact avec l’océan. De nouvelles recommandations ont également été émises.
Nouvelles précisions sur l’accident
L’analyse des débris recueillis montre que l’avion était probablement entier lors de son impact avec la surface de l’eau et que l’arrière de l’appareil, avec la dérive, était toujours en place, cette dernière ne présentant pas les caractéristiques d’une rupture liée à des efforts latéraux.
L’appareil a par ailleurs heurté l’Océan Atlantique avec une assiette légèrement à cabrer, une faible inclinaison (symétrie globale des déformations à droite et à gauche de l’appareil) et une vitesse verticale importante.
Le nouveau rapport précise également que les volets hypersustentateurs étaient rentrés lors de l’impact. Le BEA indique que l’A330 est resté dans son domaine de vol et que les variations d’altitude non commandées sont restées dans un intervalle de plus ou moins 1000 pieds durant l’émission des messages automatiques via l’ACARS.
Le BEA indique aussi qu’aucune dépressurisation n’a eu lieu durant le vol, les containers des masques à oxygène étant restés fermés. L’altitude de la cabine n’a ainsi pas pu dépasser les 14000 pieds.
Concernant les messages de maintenance, 10 des 24 messages transmis par l’ACARS sont liés à une incohérence des vitesses mesurées et 11 autres pourraient également résulter de problèmes anémométriques.
En revanche, aucune explication n’est aujourd’hui encore possible concernant l’interruption de la transmission de ces messages (perte des deux générateurs électriques, perte d’antenne, ou position inusuelle de l’appareil empêchant un lien avec le satellite…).
Nouvelles recommandations
Le BEA a recommandé à l’AESA et à l’OACI d’augmenter le plus rapidement possible la durée réglementaire de transmission des balises subaquatiques à 90 jours (au lieu de 30 aujourd’hui), afin de rendre plus facile la localisation des enregistreurs à l’avenir. Il recommande également d’imposer une troisième balise pour tous les appareils opérant régulièrement au-dessus de zones maritimes.
Idéalement, le BEA souhaiterait aussi une transmission plus continue des paramètres de vol de base via les systèmes existants. Enfin, le BEA recommande à l’OACI de s’engager sur la possibilité d’installer des enregistreurs éjectables.
Concernant les tubes de Pitot, le BEA souhaiterait une modification de leurs critères de certification jugés non adaptés aux vols à haute altitude, notamment parce que les caractéristiques des cristaux de glace composant les masses nuageuses rencontrées en croisière sont mal connues.
Pour visualiser le second rapport d’étape sur le site du BEA, cliquez-ici !








