Rolls-Royce se voit un avenir un petit peu plus sombre que prévu. En plein audit de ses activités, le motoriste britannique a en effet identifié des vents contraires plus importants que prévu dans les secteurs nautique et aéronautique, qui devraient avoir un impact sur ses résultats en 2016.
Rolls-Royce a notamment constaté une baisse très importante de la demande pour des avions d’affaires qu’il motorise, ainsi que pour les services après-vente de ces avions et de jets régionaux de 50 à 70 places. L’impact négatif sur le résultat devrait être majoré de 152 millions de dollars en 2016.
Par ailleurs, le motoriste se montre plus prudent sur les perspectives dans les moteurs de gros-porteurs. Si la demande pour les moteurs neufs reste dans la lignée de ce qui avait été prévu et si Rolls-Royce continue de gagner des parts de marché, il a également ressenti une diminution de l’utilisation de moteurs plus anciens chez certains opérateurs, qui s’adaptent à la surcapacité en réduisant les programmes de vols des appareils les plus vieux au fur et à mesure qu’ils reçoivent des appareils plus performants. Avec les conséquences que cela provoque sur l’activité service après-vente. Là encore, l’impact négatif supplémentaire est estimé à 152 voire 228,3 millions de dollars.
Il avait déjà annoncé que la réduction des cadences de production de l’Airbus A330 et la transition vers l’A330neo allaient entraîner une diminution des livraisons de Trent 700 en 2016 et 2017 et que cela affecterait ses bénéfices.
Au total, Rolls-Royce s’attend à ce que ses bénéfices de 2016 subissent un impact négatif de 990 millions de dollars par rapport à ceux de 2015 – qui se situeront dans le bas de la fourchette fixée de 2 à 2,25 milliards de dollars. « Les perspectives pour 2016 sont très difficiles. La vitesse et l’ampleur des changements dans certains de nos marchés, historiquement très performants, ont été importantes et montrent à quel point certains pans de notre activité sont sensibles aux conditions du marché sur le court terme », explique Warren East, le CEO du motoriste. « L’une des découvertes fondamentales de cette évaluation est que notre activité a trop de frais fixes et manque de flexibilité pour gérer les modifications des conditions de marché. C’est inacceptable pour une activité d’envergure mondiale, qui doit être plus solide et durable. »
Un nouveau volet de restructuration est donc à prévoir, dont les détails seront révélés le 24 novembre. Il devrait voir une simplification de l’organisation et un renforcement des mesures de réduction des coûts déjà engagées afin de générer entre 230 et 300 millions de dollars d’économies par an à partir de 2017.


