L’aéronautique reste un secteur porteur pour le groupe Akka Technologies. Cette activité représente aujourd’hui 28% du chiffre d’affaires du groupe qui, avec ses 11 000 salariés, a plus que doublé de taille au cours des cinq dernières années.
Akka Technologies profite aujourd’hui indirectement des perspectives du fameux « ramp-up » tiré par l’aviation commerciale grâce à ses prestations d’ingénierie mécanique et par ses services d’optimisation de la supply chain. « Nous aidons nos clients à y faire face, par exemple sur le programme A320 d’Airbus avec un audit des fournisseurs puis un accompagnement », nous a annoncé Jean-Charles Marcos, Directeur Développement chez Akka Technologies, lors de la 51ème édition du salon du Bourget.
Le groupe d’ingénierie vient par ailleurs d’annoncer il y a quelques jours être en négociation exclusive avec les actionnaires du groupe Matis pour en prendre une participation majoritaire. Matis, qui réalise aujourd’hui un tiers de son chiffre d’affaires dans le secteur aéronautique et spatial, emploie plus de 1 300 salariés.
Mais Akka Technologies c’est évidemment aussi le groupe Aéroconseil, racheté en 2011 et spécialisé dans l’ingénierie et les services aéronautiques attenants à l’ensemble de la vie opérationnelle des appareils et de leurs systèmes, notamment pour la gamme Airbus.
Aéroconseil collabore aussi avec MITAC (Mitsubishi Aircraft Corporation) pour la certification du nouvel avion régional japonais MRJ, dont le premier prototype décollera pour la première fois cet automne. « Jusqu’à une soixantaine d’ingénieurs Aéroconseil ont travaillé sur le programme MRJ », nous a précisé Pierre-Yves Lazies, le Directeur des ventes de la société toulousaine, qui a également ajouté qu’une équipe dédiée était d’ailleurs présente à Nagoya depuis plus d’un an.
Pierre-Yves Lazies nous a également indiqué qu’un nouveau vecteur de chiffres d’affaires était la préparation documentaire d’un avion avant son démantèlement, au niveau des pièces détachées qui pourront être recertifiées. « Ça permet par exemple à un propriétaire de vendre son avion plus cher au broker, c’est un vrai levier de croissance aujourd’hui » nous a-t-il expliqué.
Aéroconseil compte par ailleurs capitaliser sur ses nombreux STC pour anticiper les besoins des futurs clients, notamment au regard des tendances du secteur comme le réaménagement cabine et l’arrivée croissante de la connectivité à bord. Enfin, la société toulousaine profite de l’essor des low-cost au niveau du suivi documentaire, comme en témoigne un récent contrat avec la compagnie espagnole Vueling pour ses nouveaux monocouloirs A320 acquis en direct.
Mais l’aéronautique pourra également bénéficier des innovations de la division Akka Research, comme en témoigne le projet AirCobot (Aircraft enhanced Inspection by smaRt & Collaborative rOBOT) qui trônait fièrement au centre du chalet du groupe au Bourget.
Ce robot d’inspection avion a été développé en collaboration avec Airbus. Il permet d’inspecter la cellule des appareils de la famille A320 grâce à de multiples capteurs non destructifs situés sur un bras mécanique pouvant atteindre une hauteur de 2 mètres. Les données recueillies sont alors comparées avec une maquette numérique de l’appareil afin de détecter toute trace d’impact sur la cellule (choc lors du handling, bird strike, impact de foudre ou grêle…) jusqu’à une épaisseur de 1 mm.
Du coté avionneur, « Il peut être particulièrement utile lors d’une vérification de l’appareil avant une livraison au client », nous a précisé Pierre-Yves Lazies, qui a également indiqué que les sociétés MRO ou les compagnies aériennes pourraient aussi être intéressées par ce type d’outil.
AirCobot est le fruit des travaux des ingénieurs d’Akka Research, une entité créée par Akka pour remédier aux intercontrats propres au SSII. La structure est née en 2007 car Akka avait constaté que la durée moyenne entre deux contrats pouvait atteindre 1 à 2 semaines, « l’équivalent de 200 à 300 personnes disponibles par an » selon Jean-Charles Marcos.


