Avec l’acquisition d’une chaîne d’assemblage automatisée, Airbus Helicopters entend produire plus rapidement son H160, anciennement connu sous l’appellation X4, le nouvel hélicoptère de moyen-tonnage qui succédera à la famille Dauphin en 2018.
C’est une grande première dans l’industrie des hélicoptères. Airbus Helicopters devient le premier hélicoptériste à utiliser une chaîne de production automatique pour l’assemblage de son nouvel H160, successeur du Dauphin. Avec des process de fabrication plus automatisés (tablettes numériques, approvisionnement automatique des postes de travail…) et un appareil découpé en modules, une technique de production inspirée de l’industrie automobile, l’hélicoptériste européen souhaite produire plus vite.
Alors qu’il fallait compter un an pour assembler un Dauphin, le H160 sortira, lui, des ateliers au bout de seulement 18 semaines. Il s’agit là d’« un pas très significatif » pour Airbus Helicopters, explique le directeur du programme H160, Bernard Fujarski.
La livraison de la chaîne d’assemblage est attendue pour le second semestre 2016 dans un bâtiment déjà prêt à Marignane. Elle aura à terme une capacité de production annuelle d’environ 50 hélicoptères.
La commercialisation du H160 devrait commencer en 2016 avec des prix « très compétitifs par rapport à ses concurrents », poursuit Bernard Fujarski. L’entrée en service du premier exemplaire est prévue en 2018.
La date du premier vol se rapproche
Le prototype du H160 est en cours de finalisation dans les ateliers d’Airbus Helicopters à Marignane. L’appareil, à qui il manque encore quelques éléments comme les sièges, le rotor principal et ses cinq pales en composite, s’équipe actuellement de tout l’équipement d’essais nécessaire avant le premier vol qui devrait intervenir « dans les semaines à venir », indique-t-on avec prudence chez Airbus Helicopters, où l’accident d’un A400M à Séville la semaine dernière est encore fortement présent dans les esprits.
Ce prototype se rapproche déjà de la maquette qui sera visible sur le statique du Salon du Bourget, du 15 au 21 juin. Selon l’ingénieur d’essais en vol Nicolas Certain, un des trois membres d’équipage lors des tests en vol, son cockpit présente une « vraie révolution » avec notamment la présence de câbles Ethernet permettant de faire circuler des informations entre des concentrateurs de données et des tablettes tactiles sur lesquelles sont accessibles tous les paramètres de vol.

La maquette du H160 à Marignane. Image © Le Journal de l’Aviation
Livrer un appareil mature
Dès le départ, l’objectif d’Airbus Helicopters était de présenter un appareil mature avant même le premier vol d’essai. Pour ce faire, l’hélicoptériste s’est donné tous les moyens de réussir, avec notamment une organisation intégrée très tôt entre l’équipe support et l’équipe de production et la mise en place de bancs d’essais.
Le Système Hélicoptère Zéro sert à tester tous les systèmes intégrés (systèmes électriques, circuits hydrauliques, commandes de vol, avionique, moteurs, carburant, climatisation…). Développé fin 2013, il est destiné à « simuler toutes les possibilités de cas dégradés en testant en même temps tous les systèmes et sous-systèmes », indique une responsable travaillant sur le programme.
Le Dynamique Hélicoptère Zéro, plus impressionnant, permet de mettre à l’épreuve tous les systèmes mécaniques de l’appareil (moteurs, pâles, rotor…). Abrité dans un bâtiment « bunker » (le DHC ZERO), il a une durée de vie de 30 ans et sera utilisé pour des essais de certification à la suite des essais de développement.


