N’en déplaise aux aéroports et aux compagnies aériennes, le Système d’entrée/sortie (EES) est entré pleinement en vigueur le 10 avril. Permettant d’enregistrer numériquement les entrées et les sorties des ressortissants de pays tiers en zone Schengen, il remplace le système d’apposition de cachets sur les passeports des voyageurs et permet de détecter plus efficacement les dépassements de durée de séjour autorisés et les fraudes.
Le système était partiellement entré en service en octobre dernier et est depuis progressivement déployé dans les postes au frontières des 29 pays concernés par sa mise en place. La Commission européenne indique que plus de 52 millions d’entrées et de sorties ont ainsi été enregistrées depuis octobre, et que le système avait mené à plus de 27 000 refus d’entrée, dans lesquels près de 700 personnes ont été identifiées comme représentant une menace pour la sécurité de l’Union.
Elle estime également que le système pleinement opérationnel permettra l’enregistrement d’un voyageur en 70 secondes. S’il concerne tous les types de postes aux frontières (notamment les ports), les aéroports européens en particulier sont inquiets quant à la capacité du système à montrer immédiatement son efficacité.
Cela fait en effet plusieurs mois que le secteur du transport aérien tente d’alerter sur l’impréparation des aéroports, en raison notamment d’un manque de fiabilité des portiques par lesquels les passagers devront transiter pour la procédure mais aussi d’un manque d’effectifs. Selon l’ACI Europe, l’IATA et les différents acteurs du secteur, des perturbations importantes sont à prévoir durant la saison été, notamment des files d’attentes de plusieurs heures au passage aux frontières.
Une suspension partielle peut encore être décidée par les Etats en cas de saturation.








