Le Journal de l’Aviation a rencontré Lin Chia-Lung, le maire de la ville Taichung (Taïwan). Lin Chia-Lung accompagnait une importante délégation de sociétés taïwanaises en France, notamment à Toulouse et bien évidemment au salon du Bourget. Taïwan réunissait d’ailleurs pour la première fois sous un même pavillon toutes ses entreprises du secteur aéronautique et de défense. Entretien.
Quelle est l’empreinte du secteur aéronautique pour Taichung et sa région ?
Depuis l’accession au pouvoir de notre présidente Tsai Ing-wen, le nouveau gouvernement a formulé le souhait d’installer une base industrielle aéronautique très importante à Taichung. Cette présence de l’industrie aéronautique existait déjà, mais le nouveau gouvernement souhaite la développer davantage.
Nous allons également nous orienter vers une fabrication intelligente. C’est l’un des éléments importants de cette nouvelle politique et nous serons vraiment une base industrielle intelligente pour l’industrie aérospatiale. AIDC (Aerospace Industrial Development Corporation) est évidemment notre fleuron à Taichung, mais nous disposons aussi de toute une supply-chain, de fournisseurs très importants. Le secteur emploie 50 000 personnes à Taichung et représente, en termes de valeur, 100 milliards de dollars taïwanais soit 3 milliards d’euros.
Pourquoi avez-vous accompagné une importante délégation d’entreprises en France ?
En visitant la métropole toulousaine, nous avons souhaité établir une relation de jumelage si possible entre Taichung et Toulouse, car nous avons vraiment beaucoup de points en communs entre nos deux villes. Il y a bien sûr l’industrie aéronautique, mais il y a aussi les universités, il y a beaucoup d’étudiants à Toulouse et à Taichung également. Par ailleurs, nous organisons une importante exposition mondiale d’horticulture qui va se tenir à Taichung l’année prochaine et elle est aussi très développée à Toulouse.
Évidemment, pour Airbus, nous avons de fournisseurs à Taïwan pour des composants importants. AIDC fournit par exemple les extrémités du stabilisateur horizontal de l’A380. China Airlines, compagnie aérienne taïwanaise très importante, a acheté des A350 et nous souhaitons établir une base de maintenance à Taichung pour Airbus.
Quels sont les autres projets en train d’être mis en place à Taichung ?
Nous avons aussi à Taichung des projets pilotes dans le domaine de la « Smart City » et de la ville durable, avec des zones dédiées. Nous avons notamment partagé nos expériences avec l’entreprise toulousaine Sigfox qui est très importante dans le domaine des objets connectés et nous souhaitons introduire leur système de communication réseau basse consommation. Nous allons ainsi inviter Sigfox à installer un bureau à Taichung pour être sa base de développement pour toute la région Asie.
Vous avez également signé un accord avec Dassault Systèmes pour promouvoir les machines intelligentes. De quoi s’agit-il ?
Dassault Systèmes est un acteur important dans le domaine de la simulation 3D et dans les logiciels. Ces points forts pourraient être combinés aux points forts de l’industrie taïwanaise en terme de fabrication et d’électronique. Nous avons des fournisseurs de pointe qui vont utiliser la technologie de fabrication intelligente et aider Dassault Systèmes à se développer. Au mois de mai, Dassault Systèmes organisait une rencontre avec tous ces clients à Taïwan et j’étais d’ailleurs présent à cette réunion. Il s’agissait jusqu’à présent que de relations BtoB mais nous essayons de favoriser ces échanges à un niveau supérieur, au niveau des villes et du gouvernement. Ce sera bénéfique pour Dassault Systèmes qui pourra ainsi s’étendre davantage à Taïwan et toutes les technologies développées dans ce cadre vont nous aider à développer notre ville intelligente. C’est bénéfique pour tout le monde.
La simulation 3D, les logiciels, la réalité virtuelle, toutes ces technologies sont encore un peu abstraites pour les gens ordinaires, mais nous allons créer une implantation à Taichung destinée à montrer des exemples concrets. La zone de l’ancien aéroport à Shuinan va ainsi être transformée en zone de projets pilotes pour pouvoir mettre en oeuvre toutes ces technologies, encore au stade expérimental. Les visiteurs pourront ainsi voir ce que sera la ville de demain.










