Les équipes d’Austrian Airlines étaient à Paris début février pour le lancement d’un pop-up café destiné à faire connaître Vienne et la compagnie aérienne, pour augmenter leur renommée sur le marché français. A cette occasion, Le Journal de l’Aviation a rencontré Michael Pollaschak, son directeur Content & Dialogue Marketing, qui s’est exprimé sur la nouvelle stratégie de la filiale du groupe Lufthansa.
Austrian Airlines lance une série d’événements pour accroître la notoriété de la marque. A Paris cette semaine, la compagnie fait parler d’elle avec le pop-up Café de Vienne au Bal Café Otto (18e). L’événement sera répliqué dans plusieurs autres destinations, comme Tokyo, Shanghai, Pékin et New York. Pourquoi organiser cela maintenant ?
C’est le bon moment : une nouvelle année, un nouveau départ. Nous n’avons pas beaucoup communiqué ces trois dernières années parce que nous étions concentrés sur le redressement de la compagnie. Mais sur cette période, nous avons réussi à augmenter nos effectifs, notre flotte – nous avons ajouté huit avions. Aujourd’hui, Austrian va bien. Les résultats 2017 étaient bons, ils sont stables, nous avons des opérations stables, nous n’avons plus de problème avec nos syndicats, nous avons lancé trois ou quatre nouvelles routes l’année dernière, vers l’Amérique du nord et même vers l’Asie. L’avenir s’annonce bien pour nous et la communication d’Austrian va augmenter dans les prochains mois. Nous voulions commencer l’année avec cet événement en France parce que c’est un marché très important pour nous.
Comment vivez-vous l’invasion de Vienne depuis un an ?
Beaucoup de compagnies ont découvert Vienne l’année dernière et l’aéroport est saturé en ce moment. Les plus grandes low-cost s’y sont installées – Ryanair, Wizz Air, Vueling, Level et Laudamotion -, il y a une concurrence énorme mais qui vient essentiellement d’elles. Nous pouvons nous battre parce qu’il s’agit de vols courts pour lesquels la décision d’achat est guidée par le prix du billet. Nous avons une offre plus large et il reste par ailleurs des passagers qui préfèrent voyager avec Austrian Airlines parce qu’ils croient en la marque et en le service. Mais je pense que la concurrence va se réduire en 2019 parce qu’il y a beaucoup trop de capacités.
Mais c’est la raison pour laquelle nous avons dû revoir nos priorités. Nous nous concentrons sur la défense de notre hub pour les trois prochaines années, notamment en investissant dans des A320. L’objectif est de les intégrer le plus tôt possible donc ce ne seront pas des appareils neufs mais des avions qui sont déjà sur le marché. Nous voulons augmenter notre capacité à Vienne pour augmenter notre part de marché. Nous essayons de stabiliser notre croissance pour les trois prochaines années, pour défendre notre hub et augmenter notre rentabilité, ce qui nous permettra ensuite d’acheter des long-courriers.
Justement, l’amélioration des résultats d’Austrian est-elle suffisante pour convaincre Lufthansa d’acheter de nouveaux long-courriers ?
Il est en tout cas absolument nécessaire d’en acheter de nouveaux. Nous avons une flotte plutôt âgée de douze appareils [six 777 et six 767, NDLR], qui consomme beaucoup et n’est pas efficace en termes environnementaux. Nous aimerions de nouveaux avions, de nouveaux moteurs etc. Il est surtout nécessaire de remplacer les 767, les plus âgés [vingt-trois ans en moyenne, NDLR], pour améliorer le confort du passager.
Nous sommes en train de changer notre orientation sur le long-courrier et nous avons l’intention de croître de façon plus importante vers l’Amérique du nord : nous commençons Montréal en avril (à la place de la desserte de Toronto, assurée par Air Canada). Nous allons aussi relancer Tokyo sans escale. Mais nous continuons d’envisager d’augmenter nos capacités sur nos destinations loisirs comme les Maldives et Maurice.
Pourquoi faire sortir les Q400 de la flotte ?
Nous avons aujourd’hui dix-huit Q400. C’est un très bon avion mais il est petit avec ses 76 places. Il est plutôt cher en termes de coûts opérationnels mais surtout de maintenance. C’est pourquoi nous allons nous en séparer. Les Q400 seront remplacés par des Embraer E195 plus efficaces et avec une capacité de 120 places.
La décision de supprimer les bases en province a-t-elle été difficile à prendre ?
Oui, supprimer les bases dans les Länder a été une décision très difficile à prendre. Mais nous devons opérer de façon rentable, nous devons générer des recettes et livrer des résultats commerciaux positifs. Ces vols sont très chers à opérer : ils demandent beaucoup de personnel mais intéressent relativement peu de passagers. D’une part, il n’y a pas assez de passagers sur une ligne comme Innsbruck-Francfort et d’autre part nous ne pouvons pas appliquer des tarifs suffisamment élevés pour rentabiliser les opérations. Donc nous avons dû décider de suspendre ces vols. Mais Lufthansa ou Eurowings pourraient en reprendre certains.
Et avez-vous des projets spécifiques en France ?
La France est l’un de nos marchés les plus importants en Europe, le troisième après l’Allemagne et la Suisse bien sûr qui sont nos voisins et les autres pays du groupe. Nous avons également un important trafic de correspondance de la France vers l’Europe de l’est pour les affaires et vers l’Asie (Thaïlande). C’est pourquoi nous avons augmenté nos capacités. A Nice, Lyon, Paris, nous utilisons des modules plus grands : nous sommes passés l’E195 là où nous utilisions des Fokker auparavant, et à l’A321. Il y a des projets pour développer le marché, augmenter les capacités ou voler vers de nouvelles destinations comme Marseille, Bordeaux, mais rien n’est décidé.










