Transavia a toujours été engagée dans la réduction de son empreinte environnementale, comme en témoigne son engagement pour l’innovation, qui s’est notamment traduit très tôt par des partenariats avec des start-up pour réduire sa consommation carburant. En juin dernier, la low-cost du groupe Air France-KLM s’est également engagée dans la suppression des plastiques à usage unique à bord, initiant un pas supplémentaire dans sa démarche. Nathalie Stubler, sa présidente, nous explique où en est la compagnie dans ce domaine.
Cela fait plusieurs années que Transavia s’est associée avec des start-up, notamment pour rendre plus efficaces ses opérations et réduire la consommation de carburant. Pouvez-vous nous en parler ?
Transavia travaille toujours sur l’éco-pilotage avec deux acteurs qui nous aident : Open Airlines et Safety Line. Avec Open Airlines, nous continuons de surveiller nos meilleures pratiques. Nous avions été la compagnie de lancement de leur solution SkyBreathe et, en ce moment, nous travaillons avec eux pour être aussi celle de SkyBreathe on board, une solution connectée en direct que nous aidons à développer. Cela va nous occuper une grande partie de l’année prochaine. Ce ne sont pas les outils qui font économiser mais ils suggèrent des actions aux pilotes, comme couper un moteur au roulage.
Avec Safety Line, nous avions démarré avec OptiClimb, qui continue d’être très efficace : c’est un outil utilisé pendant la préparation du vol, qui optimise le profil de montée, des données qui sont ensuite transférées dans le calculateur. Nous avons continué avec OptiFlight, OptiLevel pour définir le meilleur niveau, OptiSpeed et OptiCruise. Nous utilisons toute une série d’outils et nous sommes assez ravis du résultat, des analyses, de ce que ça peut amener au pilote. Nous avons eu de très bons résultats. L’année dernière, nous économisions un peu plus de 80 kg de carburant par vol, ce qui faisait 10 700 tonnes économisées sur l’année. Cette année, sur le mois d’août, qui n’est pourtant pas facile en termes d’exploitation, nous pourrions atteindre 100 kg, ce qui est extrêmement intéressant. Ce sont des indicateurs que nous partageons chaque trimestre avec nos collaborateurs, notamment sur notre media social interne. Ils peuvent y voir notre efficacité en consommation, le pourcentage d’approches en descente continue…
Vous travaillez également à la suppression des plastiques à usage unique à bord d’ici fin 2019. Où en est ce projet ?
C’est en cours de développement. Nous avions des des sacs plastiques à bord pour les ventes à bord, c’est fini. Nous avons des sacs en papier kraft. Les touillettes en plastique, c’est fini aussi, elles ont été remplacées par des touillettes en bois. Nous avons aussi voulu faire attention à ce que tout soit certifié, FSC [Forest Stewardship Council, ndlr] pour les éléments en papier et en bois, REACH pour les encres et les colles. Les serviettes sont en papier non chloré et les couteaux en écorce de bambou.
C’est un gros travail parce qu’il faut aussi veiller à ce que les objets restent pratiques. Pour que les gobelets pour les boissons chaudes ne fuient pas, il y a un pelliculage en bioplastique d’origine végétale (maïs). Il y avait aussi une vraie problématique pour les boissons alcoolisées donc pour les boissons froides nous utiliserons des gobelets en bioplastique de maïs, avec une certification « plastic free » qui est en cours.
Est-ce que ces initiatives sont difficiles à mettre en place ?
Il n’y a pas de blocage mais cela prend du temps. Nous avons changé beaucoup de nos fournisseurs, nous nous sommes intéressés aux offres pour logoter ce que nous faisions tout en restant assez sobres… C’est du travail de mettre en place toute la chaîne : choisir des prestataires, tester les produits, bien comprendre l’origine des produits, demander des certifications et organiser la logistique. Désormais, la chaîne est faite, les produits sont livrés et tout est mis en oeuvre avec Servair.
A quel point les employés de Transavia sont-ils engagés dans la démarche ?
Ils sont très moteurs ! Nous avons été très poussés par nos PNC, qui ont créé un groupe Transavia Green. Ils ont poussé aussi dans le geste : pourquoi donner une touillette à quelqu’un qui n’a pas besoin de sucre ? Donc nous n’allons plus distribuer les choses en kit mais à la demande du passager. Cela évite les emballages et le gaspillage.
Il y a d’autres initiatives au sol, dans les locaux. Mais l’éco-pilotage et la disparition des plastiques sont les deux plus gros contributeurs à l’objectif de réduction de notre empreinte.
Après, nous participons à d’autres projets au niveau du groupe Air France-KLM, par exemple sur la création d’une filière biocarburants, pour porter les objectifs à long terme qui ont été annoncés.
Le mouvement anti-avion a-t-il eu un impact sur vos opérations ?
Nous ne l’avons pas ressenti mais nous y sommes très attentifs : c’est important d’entendre la jeune génération qui exprime des choses très forte vis-à-vis de l’avion. C’est pourquoi il est aussi important d’expliquer ce que nous faisons pour réduire notre empreinte environnementale. Parce que c’est de l’investissement, sur de nouveaux produits, de nouveaux avions. Nous devons aussi rappeler les côtés positifs du transport aérien : aller à la rencontre d’autres cultures et se retrouver, parce que Transavia a beaucoup de clients de type VFR.
Jusqu’à présent, le secteur n’a pas été entendu mais cela ne fait pas si longtemps qu’on s’exprime fort. Les acteurs du transport aérien doivent se faire entendre. Et il est important que tout le monde s’engage.








