La situation d’airBaltic n’était plus tenable. Après avoir annoncé au mois d’août la restructuration à venir de son réseau et de sa flotte, la compagnie a finalement décidé de se placer aussi sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, le 14 septembre. Ses opérations se poursuivent normalement et ses partenariats ne sont pas remis en question.
airBaltic souligne qu’elle a pu sécuriser un engagement de financement de 350 millions d’euros (qui doit être approuvé par le tribunal du district sud de New York), arrangé par Strategic Value Partners et co-financé par Barclays, Morgan Stanley et Oaktree Capital Management. Ces liquidités lui permettront de sécuriser la continuité de ses opérations durant le processus de restructuration.
« Sous le contrôle du tribunal et à l’abri des créances, ce processus offre un cadre et un calendrier clairs pour parvenir à des accords avec les créanciers, y compris les bailleurs d’avions et les autres parties prenantes. Dans le même temps, il permet à la compagnie de poursuivre ses activités », explique Andrejs Martinovs, président du conseil de surveillance d’airBaltic. Il rappelle également que « ce processus exigera bien sûr une discipline financière stricte, et la compagnie devra remplir un certain nombre de conditions importantes tout au long de ce parcours. Notre objectif est de mener à bien ce processus afin de renforcer la situation financière d’airBaltic et de réduire considérablement le niveau de ses engagements, de manière que la compagnie puisse les gérer de manière durable à long terme. »
La menace planait depuis longtemps. Très affectée ces dernières années par le manque de disponibilité de sa flotte d’Airbus A220 (lié aux problèmes des moteurs de Pratt & Whitney et de la chaîne d’approvisionnement), ses comptes n’ont cessé de se dégrader, parallèlement à une augmentation des coûts (liés à la maintenance mais aussi aux opérations, au carburant et à l’inflation). C’est pourquoi elle avait annoncé un changement de stratégie au mois d’août pour sa prochaine saison été. Au lieu de continuer de miser sur la croissance de son réseau, elle a choisi de recentrer ses objectifs autour de la rentabilité de ses opérations.
Elle a ainsi décidé de réduire sa flotte et d’optimiser son réseau en se concentrant sur ses lignes les plus populaires. Elle prévoit de réduire sa flotte à 36 A220-300 dès la fin de l’année (contre 54 au mois de juillet). Elle va ensuite recentrer son réseau autour du hub de Riga, qui sera relié à 57 destinations durant l’été 2027. Ses bases de Tallinn et Vilnius conserveront respectivement treize et huit liaisons directes, pour des vols point-à-point stratégiques. En parallèle, et pour réduire son exposition à la saisonnalité de ses opérations, elle compte développer son activité ACMI.

