Quelles sont les récentes évolutions de Prognos for APU ?
Une équipe dédiée a été constituée et continue de développer le système. Cela signifie que nous développons des logiciels, de l’intelligence, des algorithmes, alors qu’en même temps le nombre d’APU que nous surveillons est en forte augmentation. L’année dernière, en 2019, nous avons connu une croissance de 100% du nombre d’actifs suivis, avec plus de 950 générateurs auxiliaires de puissance surveillés par Prognos au sein de 32 différentes compagnies aériennes. Nous avons bien sûr commencé avec les APU d’Air France, de KLM et de Transavia, mais aujourd’hui nous avons un ensemble de clients provenant du monde entier à l(intérieur du système.
Ce système diffère-t-il beaucoup de celui développé pour les moteurs, à savoir Prognos for engine ?
Non, le système n’est pas très différent. Il utilise les mêmes méthodes, les mêmes techniques, mais avec des parties logicielles spécialement développées. Prognos for APU se concentre sur les capacités d’EPCOR, à savoir sur sept types d’APU différents (famille A320, A330, 737,777…) car cela nous permet de capitaliser sur nos connaissances de ces équipements.
Nous venons par exemple de développer un jumeau numérique d’APU, car compte tenu de la grande quantité de données que nous récoltons et de la complexité des algorithmes, il nous fallait une autre façon de visualiser les informations pertinentes. Pour la partie chaude d’un APU, qui comprend de nombreuses parties rotatives pour transférer l’énergie de l’air sur l’arbre pour pouvoir générer de l’électricité, notre modèle numérique nous permet ainsi d’extraire une donnée très importante, la « turbine efficiency », qui prend en compte le débit carburant, les températures internes et une multitude d’autres paramètres.
Cela nous permet de constater la dégradation des performances de l’APU au fur et à mesure du temps, ce qui permet par exemple de faciliter une future prise de décision. C’est quelque chose d’unique par rapport à ce qui est proposé par la concurrence.
Quels sont les autres avantages de Prognos for APU pour les opérateurs ?
L’un des avantages de Prognos for APU est que cet outil a été conçu au coeur même d’un MRO. EPCOR est un « airline MRO » et je travaille, comme toute l’équipe, à proximité directe du shop. Toutes les connaissances que nous accumulons sur les APU en révision ou en panne, qui rejoignent l’atelier sont ainsi insérées directement dans le système. C’est quelque chose que je définis comme une situation en circuit fermé. Nous pouvons suivre les APU durant leur fonctionnement en opération, mais aussi pendant leurs visites en atelier. Finalement, les seuls instants durant lesquels nous ne sommes pas en prise avec les APU c’est quand ils sont dans nos magasins. Cette situation en circuit fermé nous permet d’avoir un contrôle total.
Un exemple de bénéfice opérationnel apporté par la maintenance prédictive ?
Ce sur quoi nous avons travaillé l’année dernière était la prédiction de pannes. L’APU entrait en atelier et nous constations les preuves des défauts de ce que nous avions anticipé avec le système. Par exemple, nous avons constaté qu’un roulement était endommagé, mais toujours opérationnel, alors que nos prédictions tablaient sur une panne prochaine, ce qui allait réellement être le cas. Cet APU fonctionnait d’ailleurs parfaitement jusqu’à sa dépose.
Notre but premier c’est de planifier les déposes, c’est-à-dire que nous programmons les remplacements le plus tôt possible. L’autre objectif est évidemment de réduire le coût total de possession, ce qui signifie que la dépose de l’équipement doit se faire au moment le plus opportun.
Quelle est la prochaine étape pour Prognos et EPCOR ?
La prochaine étape sera d’intégrer aussi la supply-chain dans ce circuit fermé. Maintenant que nous sommes en mesure de prévoir les pannes, la prochaine étape consistera à planifier les interventions sur l’ensemble des flottes de nos clients en fonction du plan de charge de notre atelier. Nous aurons ainsi des délais d’exécution plus courts (TAT), une diminution de la quantité de spares et de pièces de rechange ainsi qu’un coût des visites en atelier plus faible, car nous prévoyons aussi de réparer des éléments qui sont aujourd’hui mis au rebut.











