Des pilotes, hôtesses et stewards se sont rassemblés ce mardi matin à Roissy Charles de Gaulle pour demander une révision du texte de l’AESA sur les limitations de temps
de vol et le repos des équipages (FTL – Flight Time Limitations). Cette mobilisation n’était pas un mouvement de grève.
Une centaine de pilotes de ligne et PNC (hôtesses et stewards), membres des syndicats SNPL France ALPA, SNPNC, UNSA Aérien, CGT Transport, CGT Air France et UNAC, se sont rassemblés ce matin, sur le Terminal 2 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, pour une action de sensibilisation auprès des passagers. Leur objectif était d’attirer l’attention des voyageurs sur les « dangers » que représentent les nouvelles règles relatives aux limitations de temps de vol et au repos des équipages (FTL), proposées par l’AESA, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).
Actuellement en relecture à la Commission européenne, le texte de l’AESA, selon les syndicats, augmenterait le risque d’accidents liés à la fatigue des équipages, puisqu’il détériore leurs conditions de travail : « une réduction du temps de repos, des plannings aberrants, avec notamment des tâches au sol, une définition très floue des vols de nuit, etc. », liste Sophie Gorins, secrétaire générale adjointe du Syndicat National du Personnel Navigant Commercial (SNPNC-FO), lors d’une conférence de presse organisée avant la mobilisation. « Par exemple, sur un vol de 14 h, les équipages n’ont aucun temps de pause, même pas pour se restaurer », s’indigne-t-elle. Selon les syndicats PNC et PNT, le projet de loi répond, avant tout, aux intérêts économiques des compagnies aériennes et ignore la sécurité des passagers.
Le nouveau règlement doit être voté au Parlement européen en septembre prochain. Si le texte est approuvé, les règles du FTL, seront alors adaptées dans tous les pays membres de l’Union européenne, sans aucune possibilité de modification au niveau national, comme c’est le cas avec le texte actuel (clause de non-régression).
Revendications
« Notre demande est claire. Le texte doit être revu de manière claire avant d’être présenté au Parlement, avec une prise en compte des études scientifiques qui ont été menées. De plus, une clause de non-régression doit être ajoutée. L’AESA doit revenir à des règles de sécurisation des vols », a déclaré Yves Deshayes, président du Syndicat National des Pilotes de Ligne et commandant de bord au sein d’Air France.
« Avec la nouvelle règlementation FTL de l’AESA, on est arrivé à un précipice. Le prochain pas c’est l’accident », s’inquiète de son côté, Sophie Gorins.
Par ailleurs, des actions similaires ont été menées dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Espagne, en Belgique ou encore en Hollande.
Les navigants européens demandent aux institutions européennes de s’inspirer de la réglementation américaine sur les limitations de temps de vol, en réduisant notamment le nombre d’heures de vol ou encore en allongeant les plages de repos pour les pilotes.










