Le F-22 Raptor de Lockheed Martin fait à nouveau parler de lui. Un communiqué de presse publié par le département américain de la Défense (DOD) le 15 mai fait état de nouvelles mesures de sécurité concernant les vols des F-22 de l’US Air Force.
L’ensemble des vols de F-22 sont à présent cantonnés à des zones très proches d’aéroports/de bases aériennes, pour permettre un atterrissage rapide en cas de réactions physiques inhabituelles rencontrées par les pilotes. En revanche, selon Flightglobal, cette mesure ne concernerait pas les vols des F-22 actuellement déployés dans le sud-est asiatique et à la BA d’Al Dhafra aux EAU. De plus, le secrétaire à la Défense Leon Panetta demande à ce qu’un rapport mensuel lui soit remis concernant les progrès de l’enquête sur les causes des cas d’hypoxie rencontrés depuis 2008. Il n’est pas exclu que la flotte soit à nouveau clouée au sol – comme cela a été le cas entre juin et septembre 2011 – mais selon Leon Panetta, ce n’est pas encore nécessaire.
Ces décisions ont notamment été prises suite aux réticences de certains pilotes de monter à bord des F-22.
Le 10 mai dernier, l’US Air Force avait publié un document destiné à lever les doutes sur la dangerosité du F-22. Le ton se veut rassurant, mettant en avant la priorité accordée à la sécurité et à la santé des pilotes, ce qui peut paraître paradoxal si on tient compte du fait que les avions volent malgré les cas d’hypoxie. Cependant, l’USAF assure qu’il n’existe pas de « signe clinique » qui conforterait la thèse que le F-22 rend ses pilotes malades. Dans ce même document, on n’apprend rien de neuf sur les pilotes qui ont témoigné lors de l’émission « 60 minutes » le 6 mai dernier (voir cet article), ainsi que sur ceux qui refusent de voler. En effet, l’USAF ne souhaite, pour l’instant, pas rendre publiques ses décisions concernant les pilotes.
Enfin, un article du Project On Government Oversight, organisme de contrôle indépendant du pouvoir politique nous apprend que le soutien du Congrès aux deux pilotes ayant témoigné à visage découvert prend de l’ampleur, afin que leur carrière ne pâtisse pas de leur intervention télévisée.
