Jeudi 4 avril, 8h10, bâtiment de l’escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen », BA 118 de Mont-de-Marsan.
Pilotes et interprètes images (IP) se retrouvent pour le briefing. Après un point sur les conditions météorologiques – pluie et nuages bas -, le « mission commander » présente l’objectif du jour : Une mission tactique complexe, impliquant des Mirage F1 CR, des Rafale et des Mirage 2000. Une mission qui mêlera reconnaissance et « strike ». Après un « bonne mission et bonne préparation », le mission commander laisse les aviateurs travailler.
Le capitaine Manuel, pilote de Mirage F1 au sein de l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie » est l’organisateur de l’exercice, qui servira entre autre de matière pour la thèse qu’il prépare en vue de devenir chef de patrouille. « Il s’agit de faire de la reconnaissance sous toutes ses formes pendant 3 jours. Concrètement, c’est pour nous (le 2/33) le moyen de transmettre des principes de reconnaissance aux escadrons Rafale, après la fermeture de l’escadron » explique-t-il. Il ajoute que « la reconnaissance est un métier à part entière, les pilotes de Rafale seront amenés à en faire, et ça ne s’improvise pas ».
Le lieutenant-colonel Benjamin, commandant du 2/33, parle lui des « bonnes pratiques qui ne sont pas pérennisées » dans la reconnaissance. Il s’agissait pour lui de « mettre des personnes des escadrons en condition pour qu’elles voient que ça peut être intéressant, et qu’elles reviennent avec ça dans leurs unités ».
Le commandant du 2/30 « Neu-neu », le lieutenant-colonel François assure que l’exercice n’est pas « que pour les pilotes », car il y a beaucoup de préparation au sol. Il ajoute que « la reconnaissance sur Mirage F1 n’est plus la même sur Rafale », mais qu’elle reste nécessaire. « Recce Meet permet de creuser un peu dans certains domaines où on a pas le temps habituellement de travailler de manière aussi poussée ». C’est aussi l’occasion d’échanger et de s’assurer que certaines choses faites par les F1 « ne soient pas totalement perdues » après la fermeture de l’escadron.
Le 2/33 a donc invité le 2/30 « Normandie-Niémen », le 1/91 « Gascogne », le 1/7 « Provence » ainsi que les flottilles 11F et 12F de la Marine nationale à participer à l’exercice. Des officiers renseignement et des interprètes photos accompagnent les pilotes. Maillon essentiel de la chaîne du renseignement, ils participent à l’identification des et à l’interprétation des images fournies par les pods de reconnaissance (Astac, Presto, Reco NG) et les caméras embarquées (Omera).



12h45, décollage immédiat.
Les deux Rafale de la Marine nationale ne partiront finalement pas de la BAN de Landivisiau pour rejoindre l’exercice, pour cause de mauvais temps. Qu’à cela ne tienne, des Mirage F1 CR, des Rafale, des Mirage 2000 se préparent au décollage. Le bruit devient vite assourdissant lorsque les moteurs se mettent à ronronner très fort. Un par un, les avions vont s’aligner pour le départ.
Le premier jour de l’exercice était centré sur une mission simple qui consistait surtout à se servir « de manière optimale » des capteurs de chacun des avions, qui étaient fixés sur des objectifs précis. « Cette journée ne rentrait pas dans un cadre tactique. Les pilotes devaient faire des photos sur différents points et l’analyse se faisait ensuite avec les IP et les officiers renseignement » explique le capitaine Manuel.
Pour la seconde journée, il s’agissait de « travailler à l’oeil », de « regarder dehors et pas toujours dans la petite fenêtre du pod » ajoute le pilote de Mirage F1. L’armée de terre, la légion étrangère et les forces spéciales participent à leur manière à l’entraînement, servant de cibles factices. La ligne de TGV en construction fournit également des cibles intéressantes, camions de transport, engins de chantier, zones de stockages, autant de cibles qui vont être repérées par les pilotes.


Ce troisième et dernier jour s’achèvera par une remise de prix. Car les missions menées s’accompagnent d’un petit concours, un « challenge reco ». Des images aériennes sont montrées aux pilotes et aux IP, qui ont 5 ou 10 secondes pour identifier les équipements français et étrangers présents sur les photos. Un exercice qui demande de la concentration, de la rapidité et de vastes connaissances des matériels militaires. Chars, navires, aéronefs se succèdent à un rythme soutenu sur l’écran et laissent peu de temps à la réflexion.
14h30, les avions atterrissent, toujours sur la pluie. Plus tard dans l’après-midi, un « mass débrief » a lieu, toujours au 2/33. Retour sur la mission, difficultés rencontrées, rien n’est laissé de côté. Puis, c’est l’heure de la remise de prix dans les bâtiments du 2/33. La 1ère place revient au 2/33 « Savoie », qui devance le 2/30 « Normandie-Niémen ». La troisième position est occupée par le 1/7 « Gascogne ».










