Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce lundi 14 janvier à la demande de la France, pour évoquer la situation au Mali, les raids aériens se succèdent depuis le vendredi 11 janvier. Récapitulatif chronologique des évènements de ces derniers jours.
Vendredi 11 janvier – 11h – Le président engage la France au Mali.
Le président de la République François Hollande annonce lors de ses vœux au corps diplomatique que la France viendra en aide au gouvernement malien pour repousser les attaques des groupes terroristes qui avancent vers le sud du pays. « C’est une exigence de solidarité et de responsabilité » a-t-il déclaré. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce quant à lui sur son compte Twitter qu’il s’est entretenu avec son homologue américain Leon Panetta sur la « crise » malienne et qu’il fera de même avec ses homologues européens dans l’après-midi.
Vers 16 heures – Début des opérations aériennes en hélicoptères.
Le premier raid héliporté a lieu sur la route menant à Konna, au nord de Mopti, au centre du pays. Des Gazelle SA 342 équipés de missiles HOT et des Gazelle SA 341 d’appui feu équipés de canons 20mm du 4ème RHFS (Régiment d’hélicoptères des forces spéciales) de l’ALAT ont fait feu sur une colonne d’un groupe de djihadistes en route vers le sud du pays. Bilan du raid : quatre véhicules ennemis détruits, repli de la colonne, décès du lieutenant Damien Boiteux, 41 ans, pilote de Gazelle.
Nuit du 11 au 12 janvier – Premiers raids de chasseurs.
Quatre Mirage 2000D du groupement « air » de la force Epervier (basée au Tchad) ont effectué des frappes aériennes dans le nord du Mali. Ils étaient soutenus par deux ravitailleurs C-135FR. Le groupement, basé au Tchad, est actuellement composé de deux Mirage F1 CR, six Mirage 2000D, trois C-135, un C-130 Hercules et un C-160 Transall.
12 janvier – Des militaires de la force Epervier rejoignent Bamako.
Pour renforcer les effectifs présents au Mali, un sous-groupement d’environ 200 militaires de la force Epervier rejoint Bamako par C-130 et C-160. Ils sont issus du 21ème RIMA (Régiment d’infanterie de marine) de Fréjus, du 1er REC (Régiment étranger de cavalerie) d’Orange et du 2ème RIMA d’Auvours.
12 janvier – 11 heures – Conférence de presse du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.
Il déclare que « la France est engagée dans un combat sans merci contre le terrorisme » et fixe trois objectifs de l’intervention française au Mali : « arrêter l’offensive en cours des groupes terroristes et djihadistes, empêcher les groupes de nuire plus avant et de mettre en péril la stabilité du Mali, sécuriser [les] ressortissants et ceux de nos partenaires, en particuliers ceux de nos partenaires européens ».

Crédits : EMA / Armée de l’air
13 janvier – Les Rafale entrent en piste.
Un nouveau communiqué du Mindef annonce que quatre Rafale de la BA 113 de Saint-Dizier ont décollé de France pour renforcer le dispositif et effectué de nouvelles frappes aériennes à proximité de Gao. Les avions de chasse, chargés de bombes GBU-12, GBU-49 et AASM, auraient détruit « plusieurs cibles », des camps d’entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques. Jean-Yves Le Drian a déclaré que « la détermination de la France est totale ».
13-14 janvier – Deux C-17 britanniques renforcent la logistique française.
La Royal Air Force met à disposition de la France deux avions de transport C-17 Globemaster, afin d’acheminer des troupes et du matériel (notamment des véhicules blindés). Le premier C-17 a décollé de la BA de Brize Norton, a effectué un court passage à la BA 105 d’Evreux, avant de se diriger vers Bamako. Le second C-17 devrait effectuer des « navettes » entre le Mali et la France. Pour la Grande-Bretagne, il est pour l’instant hors de question d’engager ses propres troupes sur le sol malien, il n’est question que d’assurer une assistance logistique à la France.
14 janvier – L’Allemagne encore hésitante sur son engagement au Mali.
Le ministre allemand de la Défense Thomas de Maizière a déclaré ce lundi 14 janvier lors d’une interview à la radio Deutschlandfunk qu’une intervention allemande n’était – pour l’instant – pas envisagée par le gouvernement. Thomas de Maizière a salué la décision de la France d’intervenir et apporte son soutien à cette intervention armée. Il a par ensuite éludé la question d’un éventuel soutien à la France, arguant notamment que l’Allemagne ne possédait pas de forces militaires sur place et qu’une demande de renfort logistique serait étudiée, mais se confronterait à des difficultés d’ordres techniques, politiques et juridiques. Il se retranche derrière un consensus attendu de l’ONU sur la question.
Le conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir aujourd’hui et émettre des conclusions sur la situation au Mali et sur un éventuel soutien à la France, plus d’informations suivront dès que possible sur le Journal de l’Aviation.








