Du côté des équipements aéronautiques prévus dans le Livre blanc 2013, les quantités se réduisent, comme c’est le cas pour l’aviation de combat, les hélicoptères et le ravitaillement en vol, à l’exception des drones, qui devraient devenir des moyens opérationnels à part entière et non plus des équipements de second plan.
Le Livre blanc de 2008 annonçait une flotte de 14 appareils de type MRTT pour les missions de ravitaillement en vol et de transport. Le 19 octobre 2012, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonçait lors de sa visite à l’usine d’Airbus Military de Getafe, que la France allait passer une commande de 14 A330 MRTT au cours de l’année 2013. Le nouveau Livre blanc fixant la flotte de ravitailleurs à 12 appareils, ce sont donc deux avions de moins que prévu et deux de moins que la flotte actuelle, composée de onze C-135FR et trois KC-135R remotorisés.
Dans l’armée de terre, le parc d’hélicoptères va se réduire par rapport à l’effectif actuel. De 319 hélicoptères actuellement, l’ALAT devrait passer à 255 appareils, répartis entre 140 hélicoptères de reconnaissance et d’attaque et 115 hélicoptères de manœuvre. Un nombre global toutefois plus élevé que ce qui était annoncé dans le Livre blanc de 2008, qui prévoyait lui 80 hélicoptères d’attaque et 130 hélicoptères de manœuvre.
L’aviation de combat est également touchée par les réductions d’effectifs et passe d’un objectif de 300 appareils en 2008 à 225 dans le nouveau Livre blanc. La commande initiale de 286 Rafale ne sera donc pas honorée et la flotte devrait se composer de Rafale et de Mirage 2000D modernisés.
Mais c’est la flotte des avions de transports qui est pour l’instant la plus incertaine. En effet, le Livre blanc 2013 prévoit « une cinquantaine d’avions de transport tactique », soit une vingtaine d’appareils de moins que ce qui était prévu en 2008. C’est du côté du nombre d’A400M que règne l’incertitude. En effet, Jean-Yves Le Drian avait déclaré lors de sa visite sur la BA 702 d’Avord le 12 avril dernier que le nombre de 50 appareils avait été annoncé « avant la crise » et qu’il était « un peu tôt » pour certifier qu’il resterait le même. La LPM devrait entériner une baisse de la commande globale, voire un étalement des livraisons, ce qui sera chèrement débattu avec le constructeur Airbus Military. A cet égard, l’étude menée actuellement par Sabena Technics pour la modernisation des 14 C-130 Hercules français pourrait mener au prolongement de la durée de vie de ces appareils, qui constitueraient donc une part non-négligeable de la flotte des avions de transport tactique, réduisant potentiellement la commande d’A400M à une trentaine ou une quarantaine d’exemplaires.
Quant aux drones, ils deviennent des moyens opérationnels à part entière. Le Livre blanc de 2008 parlait de « complémentarité » avec les avions de combat et prévoyait qu’ils seraient de plus en plus utilisés dans les opérations aéroterrestres. Aucun chiffre n’était cependant disponible dans le précédent document. L’armée de terre devrait faire l’acquisition d’une trentaine de drones tactiques environ, l’armée de l’air devrait elle posséder 12 drones de surveillance selon le Livre blanc 2013, soit tripler le nombre actuel (quatre drones MALE Harfang). Reste à savoir ce que la France achètera comme matériel.
Alors que l’expérimentation du drone tactique Watchkeeper est en cours par l’armée de terre française dans le cadre d’un accord franco-britannique, le gouvernement français ne s’est toujours pas décidé sur le modèle de drone MALE destiné à l’armée de l’air. Le Heron TP d’IAI et francisé par Dassault Aviation est toujours en compétition avec les MQ-9 Reaper de l’américain General Atomics et aucune date n’a encore été avancée pour le choix final.








