La saga des hélicoptères syriens Mi-25 continue. Deux nouvelles importantes en ce vendredi 20 juillet, concernant les États-Unis, la Russie, des Mi-17 et des Mi-25.
Tout d’abord, une coalition de députés américains républicains et démocrates ont fait adopter un projet de loi visant à interdire au Pentagone de faire des affaires avec l’exportateur d’armement russe Rosoboronexport. Le projet a été voté à la quasi-unanimité, par 407 voix pour et 5 voix contre. Le démocrate Jim Moran a déclaré qu’il était « plus qu’inacceptable pour le gouvernement américain de coopérer avec une entreprise qui fournit de l’armement au régime répressif syrien ».
Ce projet fait écho à la commande du Pentagone de 21 hélicoptères Mi-17 destinés à l’armée afghane. D’une valeur de 367 millions de dollars, le contrat avait été signé avec Rosoboronexport en mai 2011. En mars 2012, des sénateurs avaient déjà adressé une lettre au Pentagone, demandant l’annulation du contrat, mais le département de la Défense avait répondu qu’il n’y avait « pas d’autres solutions » pour équiper l’armée afghane. Un argument que réfute le sénateur Jim Moran, dénonçant l’absence d’appel d’offres pour équiper les forces armées afghanes : « Il n’y a jamais eu d’appel d’offre pour fournir des hélicoptères aux forces de sécurité nationale afghanes. S’il y en avait eu un, je suis sûr que les entreprises américaines auraient fait un excellent travail ».
Ce qui fait également tiquer les députés, c’est une nouvelle commande, passée le 18 juillet dernier. L’US Army a signé un nouveau contrat avec Rosoboronexport, pour la fabrication et la livraison de dix hélicoptères supplémentaires, d’ici le 31 décembre 2016.
Alors que la situation est de plus en plus tendue en Syrie, et qu’une grande partie de la communauté internationale cherche une solution diplomatique au conflit, cette annonce a jeté un pavé dans la mare. En effet, il est contradictoire de voir que les États-Unis, très engagés dans la lutte contre l’aggravation de la crise en Syrie, continuent à faire des affaires avec Rosoboronexport, qui dépend de la Russie, qui s’oppose à des sanctions contre le régime de Bachar al-Assad en posant son veto suite à une proposition de résolution de l’ONU. Des relations plutôt complexes et une position russe quelque peu ambigüe.
En ce qui concerne les trois Mi-25 transportés par un cargo russe qui devaient être livrés à la Syrie, l’agence de presse russe Interfax rapporte que la livraison des appareils devrait être reportée. Interfax cite une source russe militaro-diplomatique, qui aurait déclaré que la livraison ne se ferait qu’une fois la situation revenue « à la normale ». Selon l’agence de presse Ria Novosti, les trois hélicoptères ont été déchargés du MV Alaed, lorsqu’il se trouvait au port de Baltiisk, situé près de Kaliningrad. La source ayant renseigné l’agence de presse précise que Rosoboronexport devrait bientôt décider du sort des Mi-25.
Enfin, rappelons que Moscou a annoncé la semaine dernière son refus de conclure de nouveaux accords d’armement avec la Syrie, tant que la situation ne serait pas stabilisée. Un potentiel contrat pour la vente de 36 Yak-130, d’une valeur de 550 millions de dollars, a donc été annulé lors du salon aéronautique de Farnborough.








