Le Sénat américain a adopté le 29 novembre un amendement au budget de la Défense 2013 visant à interdire au Pentagone toute transaction d’armement avec l’exportateur russe Rosoboronexport. Le sénateur républicain John Cornyn, qui a proposé l’amendement, soutient que « le contribuable américain ne devrait pas financer indirectement les massacre en masse des citoyens syriens, surtout s’il existe de bonnes alternatives pour acheter le même type d’armement aux Etats-Unis ». Il a ajouté que le fait de faire perdurer cette relation commerciale « robuste » avec Rosoboronexport remettrait en cause la politique américaine de soutien au peuple syrien. Le texte doit toutefois encore être accepté par le président Barack Obama lors de la signature du budget Défense de l’année 2013.
Le Sénat pointe ainsi du doigt deux contrats passés entre le Pentagone et Rosoboronexport : Le premier signé en mai 2011 pour la livraison de 21 hélicoptères Mi-17 destinés aux forces armées afghanes, d’un montant de 375 millions de dollars ; le second signé en juillet 2012 pour la livraison de 10 appareils supplémentaires, pour un total de 171 millions de dollars.
Pour rappel, John Cornyn faisait partie des sénateurs américains qui avaient adressé en mars 2012 une lettre au Pentagone, demandant l’annulation d’un contrat passé avec Rosoboronexport. Ils s’indignaient également du fait que les États-Unis fassent affaire avec une entreprise russe soutenant le régime répressif de Bachar al-Assad.
Du côté russe, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï a déclaré le 1er décembre à la presse russe que « la coopération des structures américaines avec Rosoboronexport […] a toujours été très positive », et que « l’orientation d’esprit irréfléchie et fondamentalement nuisible » des sénateurs ne devait pas y porter atteinte. De plus, selon un responsable de Rosoboronexport, cité par Ria Novosti, le contrat des Mi-17 afghans ne serait pas touché par la mesure, il prône donc la prudence : « Nous en serons informés après que le président américain aura pris une décision. Pour le moment, il s’agit d’une recommandation. Le contrat reste donc en vigueur ».
Les voix contre l’exportateur russe Rosoboronexport se font régulièrement entendre, en raison du soutien russe à Bachar al-Assad. En juin 2012, l’ONG Human Right Watch avait publié une lettre ouverte, critiquant la participation de l’industriel au salon Eurosatory, et avait demandé au gouvernement français de bannir Rosoboronexport du salon. Une demande restée sans suite. Toujours en juin, un cargo russe transportant trois Mi-25 à destination de la Syrie avait été stoppé, et avait dû faire demi-tour. Enfin, en juillet, des députés de la Chambre des représentants avaient également voté un amendement pour interdire tout contrat avec Rosoboronexport.








