Deux hommes politiques américains s’inquiètent du sort des pilotes qui volent à bord des F-22, les problèmes d’oxygénation étant plus graves que ce qui était annoncé par l’US Air Force.
Le sénateur Mark Warner et Adam Kinzinger, membres de la chambre des représentants, révèlent deux nouvelles informations concernant les cas d’hypoxie des pilotes de F-22 : le taux d’incidents liés au manque d’oxygène serait supérieur aux chiffres annoncés jusque-là, et ils émettent également des inquiétudes concernant l’utilisation du filtre respiratoire mis en place, puis retiré car potentiellement dangereux. Le taux d’incidents liés à l’hypoxie serait dix fois plus important avec le F-22 qu’avec d’autres avions de l’US Air Force, c’est un rapport de 12,81 incidents inexpliqués d’hypoxie pour 10 000 heures de vol pour le F-22, contre moins de 0,4 pour les autres avions.
Dans une lettre datée du 10 mai et adressée au secrétariat général de l’USAF, les deux hommes politiques posent au total 13 questions concernant le système d’oxygénation des pilotes de F-22, les cas d’hypoxie et les mesures et enquêtes conduites dans cette affaire. Les réponses peuvent être consultées ici : Réponses de l’US Air Force.
Mark Warner et Adam Kinzinger recommandent une enquête de sécurité immédiate, confidentielle et anonyme de tout le personnel ayant affaire au F-22, afin d’avoir des résultats crédibles et exhaustifs concernant les causes d’hypoxie. Ils enjoignent également l’US Air Force à ne pas engager de représailles si des voix venaient à se faire entendre, le but étant d’obtenir le plus de réponses possibles, pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent.
De plus, la presse américaine (l’agence de presse Bloomberg en tête), rapporte que les combinaisons anti-G des pilotes de F-22 pourraient être une piste pour expliquer le manque d’oxygénation en vol. L’US Air Force a exigé de ses pilotes de ne plus porter leur gilet anti-G lors des vols de routine, et cela, tant que l’origine des hypoxies n’aura pas été déterminée avec précision. Cette veste anti-G pourrait en effet être une des causes du manque d’oxygénation des pilotes de F-22. Ceux-ci seraient en effet empêchés de prendre une profonde respiration, et donc de respirer librement dans certains cas de figure. Des études menées en partenariat avec l’US Air Force et l’unité de plongée de l’US Navy ont mis en évidence le fort taux d’échec des gilets anti-G lors de tests d’efficacité, a déclaré Adam Kinzinger lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. Des tests additionnels seront bientôt menés.
Les entreprises participant à la fabrication du gilet, Gentex Corp. (tuyaux et valves) et Sewing Technology Inc. (gilet) se défendent de tout défaut de conception et renvoient les journalistes de Bloomberg aux conclusions de l’US Air Force.
Pour mémoire, la flotte de F-22 avait été clouée au sol entre mai et septembre 2011, pour cause d’incidents hypoxiques répétés. Les vols ont repris depuis, sans que la cause n’ait été identifiée. Début mai 2012, deux pilotes de F-22 sont intervenus lors d’un reportage, pour dévoiler au grand jour les dysfonctionnements du système d’oxygénation à bord des avions. Le département de la Défense a ensuite procédé à une restriction des vols, les cantonnant à des zones proches d’aéroports et de bases aériennes, afin de permettre un atterrissage rapide en cas de réactions physiques inhabituelles. Un nouveau système d’alimentation en oxygène a également été commandé par l’USAF, les kits devraient être montés d’ici la fin du mois d’avril 2013. Alors que l’US Air Force se veut rassurante et publie des études montrant que la vie des pilotes de F-22 n’est pas en danger, elle n’est pourtant toujours pas en mesure de fournir des explications quant à la cause exacte du manque d’oxygène ressenti par certains pilotes.








