Le conseil des Affaires étrangères – Défense s’est réuni lundi 19 novembre à Bruxelles pour « construire l’Europe de la Défense par l’action ». Entre autre au menu des discussions, la question du ravitaillement en vol, enjeu crucial pour l’Europe, qui souhaite s’assurer d’une autonomie complète et ne plus dépendre des capacités de ravitaillement des puissances étrangères.
A cet égard, la Belgique, l’Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne et le Portugal ont signé une lettre d’intention, afin d’affirmer leur intention de se doter d’une capacité commune d’avions multirôles de ravitaillement en vol et de transport – les fameux MRTT – d’ici 2020.
Ce nouveau groupement se basera sur l’exemple de l’EATC, le commandement européen de transport aérien, inauguré en 2010 et composé d’appareils issus des flottes allemande, belge, française et néerlandaise. L’EATC ayant pour mission d’optimiser l’usage des avions de transport, il s’agit d’élargir cette initiative et de la transposer au domaine du ravitaillement en vol, toujours dans une logique d’interopérabilité et de réduction des coûts.
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré que « l’Europe doit conquérir son autonomie stratégique. [L’]approche doit être pragmatique et progressive. Le partage de capacités entre Etats apporte une plus-value économique et opérationnelle concrète. Ce modèle est prometteur. »
En effet, lors de l’opération Harmattan au-dessus du ciel libyen en 2011, 75% du ravitaillement en vol avait été effectué par des États non-européens, ce qui démontre, une fois de plus, le manque capacitaire évident, régulièrement mis en avant et déploré par les responsables militaires.
Un communiqué du ministère de la Défense précise que le processus capacitaire et l’agenda opérationnel seront abordés lors du prochain Conseil européen, qui se tiendra fin 2013.








