Selon la presse suisse, l’avionneur français Dassault Aviation aurait soumis à la mi-septembre une nouvelle offre pour la vente du Rafale au gouvernement helvète. Il s’agirait de proposer 22 Rafale pour 3,1 milliards de francs suisses, soit le prix fixé en septembre dans l’accord-cadre signé par la Suisse et la Suède pour la vente des 22 Gripen.
La lettre a été envoyée par Dassault Aviation à la présidente du Conseil fédéral, Eveline Widmer-Schrumpf, une version confirmée par le porte-parole André Simonezzi, qui n’a toutefois pas dévoilé le contenu de la missive. André Simonezzi assure que ce n’est pas encore une « affaire gouvernementale », mais qu’une réponse sera faite à Dassault.
Le Parlement a également eu vent de l’offre de l’avionneur français, une copie de la lettre ayant été adressée aux présidents de ma commission de politique de sécurité du Conseil des États Hans Hess et du Parlement national Chantal Galladé, ainsi qu’au vice-président de la commission chargée d’évaluer le processus d’acquisition Thomas Hurter. Selon le quotidien Der Sonntag, les trois parlementaires n’ont pas souhaité s’exprimer sur ce sujet.
Une précédente missive avait été envoyée début 2012, pour proposer 18 Rafale à 2,7 milliards de francs. EADS avait fait de même en juin, offrant 16 Eurofighter neufs ou 22 avions d’occasion pour 2,2 milliards de francs, voire même 33 appareils d’occasion pour 3,2 milliards, selon Le Matin.
De plus, Le Matin Dimanche révélait dimanche 23 septembre que Saab n’avait toujours pas transmis à la Suisse les données des essais en vol de mai 2012. Des pilotes suisses s’étaient rendus à Linköping les 3 et 4 mai pour tester le démonstrateur du Gripen E, mais n’avaient pas pu emporter le disque dur contenant les mesures effectuées pendant les vols. L’analyse des données brutes a été effectuée par Saab, qui devrait en présenter les résultats fin septembre à l’équipe d’essai helvète.
Cependant, cette façon de faire étonne Thomas Hurter, qui affirme que « cela contredit toutes les règles de corporate governance » et affirme que le constructeur « ne peut pas contrôler lui-même les progrès de son futur avion ». Le département de la Défense a répliqué que « seul Saab [disposait] des compétences et des moyens techniques pour ce genre d’analyse ». Mais les parlementaires sont plutôt sceptiques quant à cette version, craignant que Saab tente de cacher d’éventuelles lacunes de son Gripen.

