« Nous dépenserons en 2014 autant qu’en 2013 pour la Défense », a déclaré hier soir le président de la République François Hollande, lors de son intervention sur France 2. « Les menaces augmentent, les budgets diminuent », nécessitant, selon lui, la conservation de trois objectifs majeurs pour la Défense nationale : « autonomie de décision, protection du territoire et dissuasion ». « Nous étions bien défendus en 2013, nous serons bien défendus en 2014 ».
Les crédits alloués à la Défense devraient donc, selon ses propos, rester aux alentours de 31 milliards d’euros en 2013 et en 2014, voire même au-delà. David Pujadas lui a en effet demandé si ce serait le cas jusqu’à la fin de la LPM en 2019, ce à quoi François Hollande a simplement répondu « oui ». Le président a ajouté que la force de dissuasion serait conservée en l’état et même modernisée, car « c’est notre garantie, c’est notre protection ultime ».
François Hollande a ainsi tenté de rassurer les nombreuses voix qui s’élèvent depuis quelques temps et mettent en garde sur les conséquences calamiteuses qu’une baisse des crédits pourrait avoir sur la conservation de l’outil de défense national. A une poignée de jours (un [dernier?] conseil de Défense devrait se tenir le 10 avril) avant la publication du prochain Livre Blanc, les parlementaires, les sénateurs, les industriels et les spécialistes restent inquiets et attendent la publication du rapport, ainsi que la Loi de Programmation Militaire, prévue elle pour la rentrée 2013.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait déclaré lors des questions d’actualité au Sénat : « Cessons de nous faire peur avec des scénarios catastrophes ». Il a lui aussi tenté de rassurer les sénateurs présents en assurant que « si le président de la République a pris la décision d’engager nos forces au Mali, ce n’est pas pour, demain, entraver les capacités de notre armée ». Il a ajouté : « Ce n’est pas maintenant que nous allons baisser la garde » et que la LPM devra préserver « l’excellence de notre industrie de Défense, essentielle stratégiquement et économiquement » et que « le modèle de nos armées qui découlera de ces travaux sera conforme à l’ambition de la France dans le monde ».
Cette « journée des déclarations rassurantes » va maintenant devoir être confirmée lors de la publication du Livre Blanc et surtout lors du vote de la LPM, afin de consolider les décisions engagées dans le domaine de la Défense et des équipements militaires.








