Au menu de cette nouvelle semaine dans la vie du F-35, un bilan de Lockheed Martin du programme depuis le début de l’année 2012, un examen approfondi du F-35 néerlandais, d’éternels débats et un pic d’intensité ce jeudi 10 mars, avec une décision lourde de conséquence en Grande-Bretagne.
La principale nouvelle de cette semaine, c’est bien évidemment la décision britannique de changer de version du JSF, ce jeudi 10 mai. La rumeur courait depuis hier, l’annonce officielle a été faite aujourd’hui par le ministre de la Défense Philip Hammond : « Les forces armées vont opérer la version STOVL du JSF », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse, qui détaille les raisons de changement, qui agitait la sphère politique et militaire depuis quelques temps déjà. Tout d’abord, la question des délais : En effet, toujours selon le ministère, rester sur la version porte-avions (version C) retarderait la mise en service opérationnel du groupe aéronaval à 2023 au plus tôt, au lieu de 2020, comme il était initialement prévu. Ensuite, les coûts trop élevés pour adapter le futur porte-avions à la version C auraient également pesé dans la balance des choix. Mi-mars, le Telegraph avait parlé d’une hausse « exponentielle », le ministère de la Défense parle d’environ 2 milliards de livres sterling (2,5 milliards d’euros). Enfin, dernière raison invoquée, la possibilité de posséder un porte-avions opérationnel en continu, avec une alternance entre le HMS Prince of Wales et le HMS Queen Elizabeth. Le ministère se base également sur les progrès « significatifs » de la version STOVL. Il espère recevoir le premier exemplaire à l’été 2012, et commencer les essais en vol à partir du porte-avions HMS Queen Elizabeth à partir de 2018 (le porte-avions devant être livré pour les essais en mer au début de l’année 2017).
Les réactions ne sont pas fait attendre et de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer cette décision pour le moins controversée. Ce « U-turn » du gouvernement de David Cameron apparaît comme une humiliation, lui qui avait approuvé le changement en octobre 2010 dans le Strategic Defense and Security Review. En France, on risque de s’inquiéter rapidement de la « non-interopérabilité » des plateformes d’appontages britanniques et françaises comme c’était prévu par les accords de Lancaster de 2010. La nouvelle risque donc de hérisser les poils des hauts responsables à l’état-major et pourrait devenir un frein à de futures coopérations.
Du côté de chez Lockheed Martin, encore aucune réaction. L’avionneur américain avait toutefois précisé en mars que le planning serait respecté en cas de changement de décision de la part de la Grande-Bretagne. Aucune réaction pour le moment, mais on se félicite tout de même de tous les progrès accomplis par l’avion depuis le début de l’année 2012. 373 vols d’essais entre le 1er janvier et le 30 avril (164 pour le F-35A, 122 pour le F-35B et 87 pour le F-35C).
L’avionneur a également remporté un contrat de fonds supplémentaires pour apporter des modifications matérielles et logicielles des trois variantes de l’avion.
Quant au F-35 néerlandais, qui a effectué son roll-out le 4 avril dernier, subit actuellement une série de tests au sol. Selon le ministère néerlandais de la Défense, les essais en vol devraient bientôt avoir lieu, la livraison officielle aux Pays-Bas est attendue après l’été.
Pour finir, l’ancien secrétaire adjoint américain à la Défense Gordon England publie une sorte de « lettre ouverte » sur le site Internet Defense News, mettant en avant les « bonnes pratiques » de gestion dans le programme F-16, qui pourraient servir à sauver le programme F-35, out tout du moins à limiter la casse. Après une comparaison des deux programmes, Gordon England appelle à un nouveau comité exécutif d’aqcuisition, en lieu et place d’analystes financiers « mal avisés ». De plus, il souhaite que les partenaires internationaux aient une plus grande place dans les prises de décision, car ils représentent près de 40% des livraisons planifiées dans la prochaine décennie. Enfin, il faudrait davantage se concentrer sur une expansion des ventes à l’étranger, afin de maintenir des coûts raisonnables pour les acheteurs. « Le Département de la Défense doit rapidement changer sa philosophie du management du F-35 », afin d’éviter une plus grande catastrophe financière.
