C’est l’information qui fait le buzz depuis à peine 24 heures : Le Canada menacerait de sortir du programme F-35. C’est ce que croient savoir plusieurs sites d’information canadiens, l’Ottawa Citizen en tête. Celui-ci débute en effet son article par une phrase d’attaque choc : « L’achat de chasseurs F-35, l’épine dans le pied du gouvernement et le sujet d’un audit dévastateur le printemps dernier, est mort ».
Un audit de KMPG, qui doit être rendu public la semaine prochaine, remet au goût du jour les coûts astronomiques du F-35. Selon le rapport cité par la presse, le coût total du cycle de vie pourrait dépasser les 30 milliards de dollars, voire même atteindre les 50 millions selon certains sites. De quoi faire frémir le gouvernement, qui avait déjà dû faire face par le passé à de fortes critiques concernant le prix du F-35 et de sa maintenance.
Selon des sources anonymes de la presse canadienne, le gouvernement Harper aurait donc décidé de passer le programme F-35 à la trappe et de relancer un appel d’offre concernant le remplacement de la flotte de CF-18 canadiens. Une information toutefois infirmée par le bureau du Premier ministre. Le directeur de la communication a déclaré sur son compte Twitter que « le cabinet n’avait pas pris de décision concernant le F-35 ».
Le rapport fait écho à un autre document, publié au printemps 2012 par le vérificateur général Ferguson. Celui-ci avait attaqué le ministère de la Défense dans la menée du processus d’acquisition du F-35. Le gouvernement n’aurait en effet pas établi de manière correcte le coût total du projet, en omettant par exemple de prendre en compte l’ensemble du cycle de vie. Il était même allé plus loin en parlant de « désinformation », et avait constaté un surcoût par rapport aux chiffres officiels. Le directeur parlementaire du budget avait également déclaré en mai qu’il n’avait pas eu accès à toutes les informations concernant le coût du programme F-35.
En juin, le Canada a mis en place un secrétariat national d’approvisionnement en chasseurs, qui a eu en charge la vérification du processus d’acquisition.
Si le gouvernement dément tout abandon du programme F-35 dans l’immédiat, il n’est cependant pas exclu que de nouveaux rebondissements interviennent dans les jours ou les semaines à venir. Les spéculations vont bon train dans la presse, et les décisions politiques fermes se font pour l’instant encore attendre. Un abandon signifierait une hausse du prix unitaire, une issue pas forcément de bon augure pour les pays partenaires du programme. Enfin, le retard général du programme F-35 JSF continue de peser, à la fois sur les coûts, mais également sur les capacités opérationnelles des pays engagés, à moyen et à long terme, les remplacements des diverses flottes vieillissantes se rapprochant de plus en plus.








