La planète industrielle semble sur des charbons ardents depuis l’annonce d’une possible fusion entre les deux groupes EADS et BAE Systems le 12 septembre dernier.
Du côté de la presse allemande, on reste plutôt prudent, en faisant notamment référence aux craintes de Berlin de perdre de l’influence au sein du potentiel futur méga-groupe aéronautique. D’après la Frankfurter Allgemeine Zeitung, des membres du gouvernement auraient fait part de leur scepticisme quant à la fusion des deux industriels.
A la rédaction de Die Welt, on s’étonne cependant des doutes de Berlin, qui pourrait acquérir des « golden shares » sans trop s’engager financièrement parlant, ce qui serait, selon le quotidien un gros avantage pour le gouvernement. Mais Die Welt se pose également la question de savoir pourquoi EADS souhaite acquérir des parts dans le domaine militaire, alors que ce marché a ses beaux jours derrière lui. Die Welt salue en quelque sorte l’acte « courageux » de BAE Systems, qui est trop concentré sur le marché britannique et américain.
Dans la presse anglophone, le Telegraph parle d’un projet de fusion « audacieux », qui ferait du groupement EADS-BAE Systems l’un des plus grands employeurs industriels en Grande-Bretagne, avec quelques 60 000 employés. Le quotidien britannique se fait également l’écho des inquiétudes de certains investisseurs, sur les intérêts à long terme pour le groupe et pour les actionnaires.
Le site internet AOL Defense relativise, en parlant d’une grosse affaire, qui concerne surtout l’Europe, beaucoup moins les États-Unis, l’impact sur le marché de la Défense américain étant plutôt limité, par rapport au marché européen, sur lequel se concentrent aussi Finmeccanica, Dassault Aviation et Thales.
Le Wall Street Journal, quant à lui, émet l’hypothèse que le département américain de la Défense pourrait avoir plus de réticences à acheter des produits franco-britanno-allemands, que des produits strictement britanno-britanniques. Et soutient que Boeing ne serait pas vraiment pas tellement inquiété par la fusion, en ce qui concerne le marché de la Défense.

