A l’occasion du prix de l’Audace 2012 de la Direction générale de l’armement, celle-ci a présenté le 5 décembre dernier au sein de l’Ecole Militaire une vingtaine de projets innovants destinés aux forces armées françaises. Des « réponses concrètes, simples et rapides […] de nature à améliorer le fonctionnement des unités ».
Cette année, la DGA a ainsi décerné sept prix :
• DGA : Jean-François Lescure pour sa bande flexible pour alimentation en munition
• Armée de l’air : Christophe Juigné pour le système de transmission en temps réel d’actualisation tactique, avancé, grande et moyenne élongations
• Marine nationale : Adrien Nantet, kit d’élongation IP opérationnelle pour la lutte anti-piraterie et l’escorte
• Armée de terre : Christoophe Gasquet pour le largage de matériel à très grande hauteur ouverture basse
• Gendarmerie nationale : Laurent Dourel et Thierry Pasquerault pour le vecteur aérien d’investigation criminelle
• État-major des armées : Jean-Michel Pontier pour le lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation
• Secrétariat général pour l’administration : Luc Chauveau pour le dispositif pédagogique d’espacement de sécurité des véhicules
Parmi la vingtaine de projets présentés, quatre se révèlent particulièrement intéressants dans le domaine aérien, deux lauréats, ainsi que deux autres projets présentés à l’Ecole Militaire : Le lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation (Institut de recherche biomédicale des armées , lauréat EMA) ; le vecteur aérien d’investigation criminelle (gendarmerie nationale, lauréat gendarmerie nationale) ; un capteur d’hypovigilance (Institut de recherche biomédicale des armées) ; un système de trajectoire d’évitement sans collision (armée de l’air).
Le lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation (LIPOD)
– Institut de recherche biomédicale des armées
Le lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation (LIPOD) estiné aux opérations spéciales, et plus particulièrement lors du largage de parachutistes ou de matériels à très grande hauteur. Lors de ces opérations à très grande hauteur, il s’agit de prévenir le manque d’oxygène et le risque de décompression par saturation en azote, au-delà de 4 200 mètres, une fonction assurée par le réseau collectif de distribution d’oxygène à bord – limité toutefois à 8 000 mètres. Alors que l’A400M pourra opérer des largages jusqu’à 11 000 mètres, l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a conçu un dispositif portatif destiné à l’oxygénation des personnels opérant à très haute altitude, le lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation.
Le système LIPOD permet notamment une autonomie de deux heures jusqu’à 11 000 mètres (fonctionnement en circuit fermé), ainsi que la disparition du réseau collectif dans l’appareil. Il réduit également les risques de syncopes hypoxiques.
Le vecteur aérien d’investigation criminelle (VAIC)
– Gendarmerie nationale
Un hexacoptère multitâches radiocommandé, capable d’intervenir à très basse altitude sur des scènes de crimes, des accidents majeurs (crashs aériens, accidents ferroviaires) ou sur des zones présentant des risques majeures (NRBC…), tel est le pari de la Gendarmerie nationale qui présentait son vecteur aérien d’investigation criminelle (VAIC). L’appareil modulaire possède la capacité de voler à une hauteur allant de 3 à 30 mètres, afin de photographier, filmer, transporter des objets (jusqu’à 1,5 kg) ou encore réaliser des prélèvements en milieu aquatique. Le VAIC peut également effectuer des missions de reconnaissance et d’évaluation, de jour comme de nuit, sur des terrains accidentés et difficilement atteignables. Equipé entre autres d’un GPS, son autonomie maximale est de 20 minutes.
Le système de trajectoire d’évitement sans collision (TESC)
– Armée de l’air
Le but du système de trajectoire d’évitement sans collision (TESC) est de pouvoir intégrer des drones dans la circulation aérienne, en toute sécurité et en minimisant tout risque de collision avec d’autres aériens. Le TESC est basé sur le processus cognitif de traitement de l’information chez l’être humain, et consiste à retranscrire le schéma de transmission de l’information, mais appliqué à un drone. Fruit de quatre années de recherche, le TESC permet à un drone équipé d’une caméra de reconnaître et d’identifier le type d’aéronef qui arrive en face, puis de calculer et de mettre en application une trajectoire qui lui permettra d’éviter la collision. Ce système, qui pèse moins d’un kilo, est dit « non-coopératif », l’aéronef à éviter n’ayant pas besoin d’être équipé d’un tel capteur – à la différence des systèmes radars. Les premières expériences aériennes ont eu lieu en septembre/octobre 2012. Par la suite, ce système pourrait équiper les drones de l’armée de l’air.
Détecteur d’hypovigilance portatif
– Institut de recherche biomédicale des armées
L’institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a mis au point un système permettant de détecter les périodes d’hypovigilance en vol. Le système, testé sur SNLE et sur des pilotes d’Atlantique 2 des flottilles 23F et 24F de la BAN de Lann-Bihoué, est composé d’électrodes et d’un petit boitier, qui sont fixés sur la tête du pilote et du personnel en tranche arrière. Les informations collectées par un électro-encéphalogramme sont transmises par le biais d’un algorithme, qui retranscrit l’état de veille dans lequel se trouve le personnel. A l’issue du vol, les données sont analysées par les spécialistes de l’IRBA, afin d’étudier le rythme de veille et de sommeil en opération, qui comprend souvent de grandes amplitudes horaires de veille. Il s’agit alors de pouvoir déterminer avec précision les plages d’hypovigilance, qui peuvent mettre en danger les militaires, pour pouvoir être une aide de conseil dans l’emploi des forces armées.
Ce système a été conçu de la manière la plus simple possible, lui permettant ainsi d’être posé en 10 minutes et n’occasionnant, au dire des militaires eux-mêmes, aucune gêne lors de son port. Dans un futur plus ou moins proche, le système sera développé pour permettre une transmission en temps réel des données, et pourquoi pas, d’alerter le personnel en cas d’hypovigilance.








