La branche britannique de l’ONG Transparency International a publié un rapport sur les entreprises de Défense et leur politique de lutte contre la corruption. Et le résultat n’est pas vraiment rassurant : Deux tiers des plus grands groupes de Défense mondiaux ne fournissent pas assez de preuves publiques concernant leur système de lutte pour éviter la corruption.
« La corruption dans le domaine de la Défense est dangereuse […]. Tout le monde en paye le prix. […] Les entreprises honnêtes perdent des marchés en faveur d’entreprises corrompues. L’argent gâché dans la corruption de Défense pourrait être mieux utilisé » explique Mark Pyman, auteur du rapport et directeur du programme Défense et sécurité de Transparency International UK. Transparancy International estime de plus que le coût global de la corruption dans la Défense atteint au moins 20 milliards de dollars par an.
Le rapport analyse ce que les 129 plus grandes entreprises de Défense à travers le globe mettent en place ou non concernant la lutte contre la corruption. L’étude les a classées selon un barème allant de A à F – A étant la meilleure catégorie, F la plus mauvaise.
On retrouve parmi des dix plus importantes nations qui exportent plus de 90% de l’armement les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et la Chine. Et dans ces pays, bon nombre d’industriels connus sont concernés par l’étude, et tous ne s’en sortent pas forcément avec les honneurs. 60 industriels sur 129 ne fournissent en effet pas assez de preuves concernant la lutte contre la corruption et sont donc classés dans les dernières catégories, E et F, 37% rien que dans la catégorie F. Et à peine 10 entreprises se classent dans les deux meilleures catégories.
Du côté des « bons élèves », dans les trois premières catégories, on retrouve BAE Systems, Nothrop Grumman et Thales (catégorie B), ainsi que Boeing, EADS, Finmeccanica, Lockheed Martin, Raytheon et Saab (catégorie C). En milieu de tableau, Elbit Systems, Embraer, HAL, MBDA France, Safran (catégorie D). Et enfin, le gros des troupes dans les deux dernières catégories : Dassault Aviation et DCNS en catégorie E, et Antonov, General Atomics, Irkut, IAI, Nexter, Sukhoï et Zodiac dans le dernier groupe, le groupe F.
Une enquête dont les résultats sont accompagnés de recommandations, à la fois pour les industriels, mais également pour les ministères de la Défense et autres organes institutionnels concernés par la question.








