« Tiger 14 de Slay 11, pour nous la situation est vraiment critique ici. On a un élément fixé, fixé… en progression, mais il y a trois insurgés archi-mobiles qui n’arrêtent pas de nous harceler… à la grenade, AK47, PKM etc. ». Ainsi commence le récit du capitaine Brice Erbland, chef de bord sur Tigre, qui livre ses récits de combats en Afghanistan et en Libye. Déployé en Afghanistan de février à mai 2011, puis de juillet à octobre 2011 en Libye, le militaire de 32 ans raconte en 12 chapitres les « strikes » qu’il a menés à bord de l’hélicoptère d’attaque le plus récent de l’ALAT, le Tigre.
A l’origine de ce livre, édité par Les Belles Lettres, « l’envie, ou plutôt le besoin d’évacuer tout ça et de le mettre par écrit ». Le saint-cyrien, qui confesse aimer écrire, souhaitait d’abord rédiger pour lui, mais aussi pour ses enfants. Le déclic est ensuite venu d’un colonel de l’ALAT, rencontré à l’occasion des cérémonies du 11 novembre 2011, qui lui donne l’impulsion pour écrire à direction du grand public. « Il s’agissait aussi de lui dire [au public] « regardez ce que font les soldats, ce ne sont pas que des machines de guerre». Il y a une certaine désinformation, voire de la malinformation » concernant les militaires qui partent au front déplore le capitaine Erbland. Autre but, faire connaître un peu plus l’ALAT et son rôle, montrer que les hélicoptères ne sont pas que du ressort de l’armée de l’air.
La rédaction s’est étalée entre novembre 2011 et février 2012, uniquement de mémoire, car les épisodes racontés sont « bien gravés » dans la mémoire du capitaine et « encore bien présents ». Sa hiérarchie a été prévenue en cours d’écriture et Brice Erbland lui a présenté un « produit fini ». L’approbation a été totale, les encouragements nombreux.
L’ouvrage est finalement sorti en janvier 2013, obtenant un accueil plutôt très positif, tant du côté civil que militaire. « Les civils ne s’attendaient pas à lire ça, d’après les retours que j’ai eus. Ils découvrent que nous ne sommes pas des rambos sanguinaires, que nous avons des états d’âme, que nous pouvons avoir peur… » Pour le capitaine Erbland, c’est aussi un signe encourageant, le monde civil change peu à peu de regard sur les militaires.
Du côté militaire, le récit des campagnes libyennes et afghanes a été perçu comme une reconnaissance du travail effectué par les forces armées. « Un militaire m’a même dit qu’il allait acheter le livre à ses parents pour qu’ils puissent comprendre ce qu’il fait » glisse le pilote. Au-delà de la reconnaissance, il pense aussi que tous les militaires peuvent se reconnaître dans les situations décrites, l’analyse morale et spirituelle de l’action, la peur, l’état d’esprit après avoir ouvert le feu et tué des ennemis… « Ils sont contents de lire ça quelque part » conclut Brice Erbland. Le livre connaît son petit succès, la première édition à 2 500 exemplaires a rapidement été épuisée et l’ouvrage a dû être réimprimé.
Le capitaine Erbland est en dédicace au Salon du livre de Paris les 22-23-24 mars de 13h30 à 18h, au stand de l’armée de terre, emplacement J53.








