Les prochaines étapes du développement d’Aura Aero sont désormais sécurisées. L’industriel toulousain a annoncé le 8 avril qu’il avait réussi une nouvelle levée de fonds de 340 millions d’euros qui lui permettra de financer ses projets sur les trois prochaines années.
Ce financement comprend un tour de table de 50 millions d’euros, auquel ont participé Safran Corporate Ventures et Bpifrance, mais aussi EDF, le club d’investissement Blast et Innovacom, entre autres. A cela s’ajoutent des subventions à hauteur de 120 millions d’euros, dans le cadre du programme France 2030 au travers des appels à projets « avion bas carbone » et « première usine », mais aussi de l’Innovation Fund européen. Enfin, un financement de 170 millions d’euros a été consenti par Space Florida pour la construction de l’usine Aura aux Etats-Unis.
Deux nouvelles usines en projet
Grâce à ces fonds, Aura Aero va pouvoir avancer dans ses programmes Integral, ERA et Enbata (drone MALE) mais aussi se doter de l’outil industriel qui lui permettra de soutenir la production en série. Il a obtenu un permis de construire au mois de mars pour une nouvelle usine à Toulouse Francazal, qui sera implantée sur un ancien site militaire de 40 000 m2 en cours de préparation. La première pierre devrait être posée à la fin de l’année et la livraison des premiers bâtiments est prévue pour 2028, avec l’objectif d’atteindre la pleine capacité en 2029. A terme, l’usine doit être capable de produire 100 ERA et 50 Integral par an. Elle devrait employer 1 600 personnes en 2030, des effectifs affectés pour les deux tiers à la production et pour un tiers aux fonctions support.
Une implantation aux Etats-Unis s’est également imposée, étant donné qu’il s’agit du premier marché pour l’avion régional ERA. Aura Aero s’installera sur le campus de l’université aéronautique Embry-Riddle. L’installation devrait être capable d’assembler une centaine d’ERA et environ 25 Integral par an lorsqu’il sera pleinement fonctionnel. Il emploiera un millier de collaborateurs, essentiellement dans la production.
Des jalons importants à franchir dans les prochains mois
A l’occasion de cette annonce, les équipes d’Aura Aero ont rappelé les prochaines étapes qu’elles comptaient franchir. Après l’Integral R, l’avion de voltige et de formation Integral S devrait à son tour être certifié cet été. La version électrique, Integral E, vise une certification en 2027. Le programme ERA avance également, ayant à ce jour enregistré plus de 700 intentions d’achat et 20 engagements fermes. Aura Aero vise un premier vol fin 2027 pour son avion régional hybride-électrique de 19 places, et une certification en 2030. Jérémy Caussade, son fondateur, précise par ailleurs que la production d’éléments à long cycle de production avait été lancée.
Enfin, l’industriel est revenu sur son programme de drone MALE (Medium Altitude Long Endurance), Enbata. Lui aussi doit réaliser son premier vol avant la fin de l’année. Ce drone de 2 tonnes promet une configuration ATOL (décollage et atterrissage automatiques), une capacité à faire de la persistance (vol long de surveillance), et un coût d’acquisition de quelques millions d’euros. Aura Aero souhaite décrocher une certification aéronautique pour Enbata, ce qui permettrait de l’utiliser en milieu non ségrégué, donc en milieu civil également.








