L’extension du partenariat de Jet Airways avec Delta Air Lines et Air France est le signe que l’implication de la compagnie indienne en France est vouée à se renforcer. C’est l’objectif de l’accord révélé le 27 septembre mais aussi de toutes les modifications qui vont intervenir sur le programme de vols vers Paris à partir du 30 octobre. Michel Simiaut, directeur général de la compagnie pour la France et l’Europe du Sud, nous en dit plus sur les projets de Jet Airways en France, sur le hub d’Amsterdam et sur la stratégie à l’échelle mondiale.
Comment se porte l’activité de Jet Airways en France et quels sont les projets ?
Nous en sommes à un peu plus de deux ans d’opérations sur Paris puisque nous avons commencé le vol en mai 2014. Nous avons fait une très belle année 2015 (d’avril 2015 à mars 2016 selon l’année fiscale de Jet Airways) et depuis le mois d’avril, nous sommes sur des augmentations très significatives des volumes, notamment des revenus, de l’ordre de +30% par rapport à l’année précédente. Le vol Paris – Bombay commence en effet à être bien connu mais nous avons aussi un certain nombre de destinations au-delà de l’Inde qui connectent parfaitement, notamment de nouvelles destinations comme Singapour, Hong-Kong, Colombo, et nous sommes très forts sur Bangkok également.
C’est pourquoi nous allons augmenter la capacité sur Paris en opérant un mélange d’avions à partir du 30 octobre. Aujourd’hui, nous opérons principalement l’A330-200 sur lequel nous avons une capacité de 18 sièges en classe affaires et 236 en classe économique. A partir du 30 octobre, 42% des vols vont être opérés par l’A330-200, 42% par l’A330-300 et 16% par des 777. Nous allons avoir une belle augmentation des capacités, de l’ordre de 20%.
A partir du 30 octobre, nous repositionnons également le vol en changeant ses horaires. Aujourd’hui, nous avons un vol de nuit au départ de Paris et un vol de jour au départ de l’Inde. Nous nous sommes aperçus que la demande du marché indien est beaucoup plus importante pour un vol de nuit. Donc nous repositionnons le vol pour partir à 2h50 du matin de l’Inde et arriver à 8h20 à Paris. Et le vol de Paris partira à 23h30 pour arriver à 0h45 le lendemain à Bombay. Ce n’est pas un grand bouleversement pour le marché français mais il est très important pour le marché indien.
Et quels sont les premiers résultats du transfert du hub européen de Bruxelles vers Amsterdam ?
Ce que nous voyons, c’est que la collaboration que nous avons avec KLM et Delta donne des résultats très rapidement, notamment en termes de remplissage. La collaboration avec KLM au départ d’Amsterdam est beaucoup plus imposante pour nourrir les vols en Europe que celle que nous avions avec Brussels Airlines. D’autre part, à Bruxelles, nous n’avions pas de collaboration sur le transatlantique alors que là nous avons des partages de code avec Delta sur New York et avec KLM sur Bombay, en plus de quoi nous opérons Toronto. Nous avons plus d’opportunités sur Amsterdam. Les résultats se font déjà bien sentir et se feront d’autant mieux sentir dans les mois qui suivent : Amsterdam aura des résultats plus intéressants que Bruxelles. D’ailleurs, nous passerons en Triple Sept au mois d’octobre, ce qui fera une augmentation de capacités de 25-30% par rapport à l’A330.
Qu’en est-il de la collaboration avec Etihad et l’intégration dans Etihad Partners ?
La coopération avec Etihad fonctionne très bien, nous avons énormément développé le nombre de connexions vers Abou Dhabi. Aujourd’hui, nous opérons une quinzaine de destinations entre l’Inde et Abou Dhabi. Cela fonctionne très bien également pour Etihad car, avec l’aide de Jet Airways, la compagnie a rattrapé et dépassé le retard qu’elle avait par rapport aux autres compagnies du Golfe sur le marché entre l’Inde et les pays du Golfe. A tel point qu’elle se positionne en tête sur cet axe-là.
Il y a quelques temps, Jet Airways louait régulièrement ses avions long-courriers à d’autres compagnies. Avez-vous toujours recours à cette solution ?
Cela n’a plus court. Maintenant nous avons davantage besoin de nos avions puisque nous avons ouvert de nouvelles destinations et que nous avons remplacé les 737 par des A330 sur des destinations comme Singapour, Bangkok et Dubaï. Nous pensons continuer sur d’autres destinations dans le futur, ce qui est une grosse nouveauté pour nous.
Cela donne aussi beaucoup plus de capacité pour le marché français et nous permet d’assurer une continuité dans le service pour les gens qui font Paris-Bangkok via Bombay ou du Paris-Singapour via Bombay parce qu’ils font le Paris-Bombay en A330 et continuent en A330.
Quant aux 737, nous les opérons sur d’autres destinations domestiques en Inde où nous augmentons les fréquences.
Et où seront positionnés les futurs 737 MAX ?
Ils seront positionnés entre les grandes destinations en Inde, comme le Bombay – Delhi, qui est l’équivalent du Paris – Nice en Inde. C’est une ligne haut de gamme, avec de forts yields, sur laquelle il faut plusieurs fréquences par jour. D’ailleurs, nous avons placé un A330 sur le Bombay-Delhi aussi et ce sera certainement l’une des premières lignes sur lesquelles nous placerons le 737 MAX. Le premier doit arriver en 2018-2019.
Quelle est la situation sur le marché domestique indien ?
Le marché domestique nous préoccupe plus que l’international car la plupart des nouveaux entrants en Inde se sont jetés sur le gâteau du domestique. Très peu de compagnies se sont aventurées sur l’international ou alors un international très limité, très régional.
Nous avions tenté l’expérience du low-cost mais nous avons abandonné. La première raison, c’est que le low-cost n’a jamais été le fer de lance de Jet Airways. Le fer de lance a toujours été le haut de gamme donc nous avons proposé tous les produits d’une compagnie haut de gamme dans le service classique de Jet Airways. Nous essayons de nous rapprocher des tarifs des low-cost mais avec des services qu’elles ne proposent pas : le repas, les bagages enregistrés, les salons… C’est un repositionnement.
Et quel est le bilan de toutes ces transformations opérées récemment ?
Le bilan à l’échelle de la compagnie est excellent. Nous avons publié l’année dernière un bénéfice d’environ 80 millions de dollars, par rapport à une année précédente où nous avions eu des pertes. Dans le plan de remise à plat de la compagnie, nous prévoyions des bénéfices pour 2016-2017 donc nous les avons obtenus un an avant. Il n’y a pas que le plan de réduction de coûts qui nous a aidés, il y a aussi le fait que le pétrole est moins cher. Si le pétrole reste cette année au-dessous de 50 dollars le baril, nous pouvons escompter connaître une année encore plus belle que celle d’avant.








