2009 a été difficile pour Brussels Airlines comme pour les autres. La compagnie belge a révélé le 23 février qu’elle avait enregistré une baisse de trafic d’environ 8% cette année. Mais selon elle, la réduction des capacités n’est pas une solution en temps de crise. Elle a donc choisi d’adopter une stratégie de croissance sélective, qui s’appuie sur son point fort : le continent africain.
Les liaisons depuis Bruxelles vont ainsi être enrichies de quatre nouvelles destinations. Une preuve encore meilleure de l’engagement en Afrique est le projet de création d’une nouvelle compagnie régionale en République Démocratique du Congo (RDC). Mais la compagnie n’oublie pas le marché français sur lequel elle compte également se renforcer.
« L’Afrique est notre deuxième maison »
Sur les 5,5 millions de passagers que la compagnie transporte, 650 000 se rendent en Afrique. Quatre nouvelles destinations vont leur être proposées à partir du début du mois de juillet : Accra (Ghana), Cotonou (Bénin), Ouagadougou (Burkina Faso) et Lomé (Togo). Toutes seront desservies deux fois par semaine, hormis Accra, capitale vers laquelle les fréquences atteindront quatre vols hebdomadaires. Brussels Airlines reliera alors dix-huit villes à Bruxelles. Les fréquences vers Abidjan vont également augmenter et passer de quatre à six par semaine.
Ces développements vont être permis grâce à l’arrivée d’un cinquième Airbus A330-300, actuellement dans la flotte de Malaysia Airlines (sous l’immatriculation 9M-MKR).
Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines, a précisé que la force de la compagnie sur l’Afrique faisait aujourd’hui sa vraie valeur ajoutée pour Lufthansa et pour Star Alliance. D’autant que le nombre de ses passagers continue d’augmenter. Il a expliqué que les objectifs sur le segment avaient été atteints grâce à la hausse du trafic et non grâce au prix moyen par passager. La concurrence se développe en effet, notamment du côté des compagnies africaines comme Afriqiyah, Kenya Airways, Royal Air Maroc et Ethiopian Airlines. Cette dernière s’est d’ailleurs associée à Asky, une nouvelle compagnie basée à Lomé. Brussels Airlines n’exclut pas la possibilité d’un partenariat à long terme, d’autant qu’Ethiopian aspire à intégrer Star Alliance.
Le projet Korongo
En attendant, Brussels Airlines va se développer seule en Afrique, ou presque. Malgré le fiasco de AirDC avec Hewa Bora Airways, la compagnie n’a pas abandonné l’idée de s’implanter en RDC. Elle travaille actuellement sur le projet Korongo, visant à créer une compagnie régionale congolaise basée à Lubumbashi. Pour cela, elle s’associe (à 50-50) au groupe Forrest, principalement spécialisé dans l’industrie minière et le génie civil. Un tel partenariat est essentiel dans un pays où le besoin en infrastructures se fait toujours sentir.
La compagnie aérienne devrait initialement réaliser des liaisons entre Lubumbashi et Kinshasa en Boeing 737-300 puis étendre ses opérations à Mbuji Mayi et Kolwezi avec deux Bae 146-200 au bout de deux mois. Tous les appareils sont issus de la flotte de Brussels Airlines. Elle envisage ensuite de lancer des vols transfrontaliers dans la région des grands lacs.
Cette compagnie pourrait porter le nom de son projet, Korongo. Elle sera une société de droit congolais mais opèrera sous AOC belge, afin de ne pas être inscrite d’office sur la liste noire européenne. Elle devrait être opérationnelle en 2010, l’année du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la RDC.
Poursuite du développement en France
La France reste également très présente dans les plans de croissance de Brussels Airlines. Six aéroports français sont actuellement reliés à la capitale belge avec dix-sept vols chaque jour et 20% des passagers originaires de l’Hexagone poursuivent vers l’Afrique.
La compagnie a annoncé qu’elle allait introduire une seconde rotation quotidienne entre Bruxelles et Paris CDG à partir du 28 mars. Cette ligne est d’autant plus importante qu’elle a décidé de mettre de côté son partenariat avec Thalys tant qu’une gare TGV ne serait pas créée à l’aéroport de Bruxelles. Le projet existe et devrait être mis en place en 2012. Sans elle, l’acheminement des bagages depuis Paris vers Bruxelles puis l’Afrique est trop compliqué. Mais la desserte aérienne, « une ineptie » selon Bernard Gustin, n’est pas vouée à se poursuivre.
Brussels Airlines envisage enfin de combler le trou de l’Ouest de la France. Elle pourrait desservir Nantes ou Bordeaux.








