« Trop, c’est trop » pour les jeunes pilotes de ligne en Europe. L’association qui les représente, l’European Cockpit Association (ECA), lance un appel aux décideurs européens et à l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) pour « bannir » le système du « pay-to-fly » (P2F) de certaines compagnies aériennes. Également connu sous le nom de « self-sponsored line training », ce nouveau phénomène est qualifié d’ « inacceptable et grandissant » par l’association.
Quel est son principe ? De jeunes pilotes de ligne fraîchement diplômés payent une compagnie aérienne pour augmenter leurs heures de vol à bord d’appareils transportant des passagers. Le prix peut varier entre 30 000 et 50 000 euros selon le « package » choisi. Des sommes non-négligeables à rembourser à la banque et qui viennent s’ajouter à l’emprunt bancaire déjà réalisé pour leur formation initiale, entre 70 000 et 130 000 euros.
Les jeunes pilotes n’ont pas vraiment le choix. A l’heure où les compagnies aériennes n’embauchent plus ou rarement des pilotes non expérimentés ayant moins de 1 500 heures de vol à leur actif, payer une compagnie pour augmenter ses heures de vol est une manière de lutter contre le chômage. « C’est purement et simplement un abus et une exploitation des jeunes pilotes inexpérimentés qui recherchent désespérément un emploi », s’indigne le président de l’ECA Dirk Polloczek.
L’ECA dénonce également les effets catastrophiques que pourrait entraîner ce type de pratique sur la sécurité des passagers, avec des pilotes qui sortent « fatigués » ou « malades » du contrat de P2F et qui prennent malgré tout les commandes d’un avion car obligés de travailler pour rembourser leurs différents prêts.
Une campagne de dénonciation, soutenue par l’ensemble des pilotes européens, a été lancée par les jeunes pilotes à travers une pétition et sur les réseaux sociaux.


