Rien ne semble pouvoir freiner la croissance de Volotea. Trois ans et demi après son lancement, la jeune compagnie espagnole prévoit de transporter 2,5 millions de passagers en 2015, dont 1,1 million vers la France. Elle ne cesse d’annoncer des ouvertures de lignes (elle passera de 159 liaisons en 2015 à 196 en 2016), fait grossir sa flotte à un rythme de quatre avions par an et ouvre de nouvelles bases. La dernière en date : Toulouse, où un appareil sera stationné et vingt-six personnes seront recrutées.
Edo Friart, représentant en France de Volotea, présente les projets de la compagnie.
Quel poids représente la France dans votre activité ?
Volotea a deux marchés principaux, deux piliers, qui sont la France et l’Italie. Ils représentent 80 à 84% de l’activité globale, la France représentant à elle seule 42%. Elle a donc un poids très important. C’est un marché qu’on a développé dès le début en 2012. Aujourd’hui, la France accueille neuf avions sur trois bases et 72 liaisons. Nous employons près de 300 personnes sous contrat français : 150 à Nantes, 70 à Bordeaux et 50 à Strasbourg.
Nous souhaitons continuer à nous développer sur ce marché : l’activité a enregistré une croissance de plus de 30% en 2014-2015 et devrait enregistrer 35% de croissance en 2015-2016. Une nouvelle base va être ouverte à Toulouse au printemps et nous continuons à discuter pour ouvrir des bases en France et en Italie. Nous cherchons également à développer l’Espagne car notre siège est espagnol. Mais nous n’avons pas vocation à rester sur l’Europe du Sud : nous sommes LA compagnie des capitales régionales européennes et notre business model est adaptable à toute l’Europe.
Est-il difficile de gérer la concurrence avec les compagnies régionales ?
Notre objectif n’est pas de nous placer sur des lignes à forte concurrence. Quand nous arrivons dans un aéroport, nous créons de nouvelles lignes ou nous nous plaçons sur des lignes où la demande peut être stimulée. Par exemple en France, sur certaines lignes où nous sommes en concurrence avec Hop!, nous avons multiplié par deux le trafic global. Donc on peut cohabiter. Nous ne sommes pas là pour voler des passagers aux autres compagnies.
Volotea a-t-elle atteint son seuil de rentabilité ?
Nous sommes très rassurés par les résultats de la compagnie, très satisfaits. Ils montrent que le business model fonctionne. On ne communique pas à ce sujet mais l’objectif est d’être introduit en bourse à moyen terme donc on a intérêt à soigner nos résultats.
Quel est l’avenir des Boeing 717 ?
Le 717 est un avion parfaitement adapté à notre modèle. Le modèle a même été fondé sur le choix de l’avion. Mais je ne peux pas cacher que nous sommes passés d’un marché où les appareils étaient très faciles à trouver à un marché plus difficile. Lorsque nous avons débuté, les 717 étaient assez peu demandés mais Delta Air Lines est arrivée et a acheté plus de 80 avions. La conséquence, c’est que les prix à la location ont fortement augmenté et la disponibilité est désormais très réduite.
Nous réfléchissons à un remplacement, mais nous ne sommes pas encore fixés. Nous étudions d’autres possibilités. L’objectif sera d’avoir une flotte homogène, c’est inhérent à notre modèle, donc les 717 sortiront à terme. Mais il est trop tôt pour pouvoir en parler.









