Le groupe suédois Saab a fermement démenti les informations selon lesquelles l’OTAN lui aurait attribué un contrat pour fournir des avions de surveillance GlobalEye destinés à remplacer la flotte vieillissante de Boeing E-3A Sentry AWACS (Airborne Warning and Control System). L’industriel confirme qu’aucun accord n’a été signé avec la NATO Support and Procurement Agency (NSPA) et qu’« il appartient à l’OTAN de commenter l’état de son processus d’acquisition ».
Ces informations faisaient suite à une publication du quotidien d’information stratégique français La Lettre en date du 21 avril, affirmant que la NSPA aurait sélectionné Saab, en partenariat avec Bombardier, pour fournir des plateformes GlobalEye, à l’issue d’une compétition de plusieurs années dont le Boeing E-7A Wedgetail aurait finalement été écarté.
Interrogé sur ces allégations, le porte-parole de Saab, Mattias Rådström, a indiqué que l’entreprise avait bien transmis des informations à l’OTAN dans le cadre des consultations en cours, mais qu’aucune commande n’avait été passée, renvoyant toute communication officielle à l’Alliance. Cela ne remet cependant pas en cause une possible acquisition d’avions GlobalEye par l’OTAN. Elle prévoit toujours officiellement de retirer ses E‑3A à partir de 2035.
Le GlobalEye est basé sur la plateforme d’avion d’affaires Global 6000/6500 de Bombardier. L’appareil est équipé du radar AESA Erieye Extended Range, avec un pouvoir de détection supérieur à 550 kilomètres, ainsi que d’une suite de capteurs avancés et d’un système de commande et de contrôle intégré. Une telle évolution marquerait une rupture stratégique, en introduisant pour la première fois depuis près de 40 ans une solution non-Boeing au cœur du dispositif AWACS de l’Alliance.
Saab avait officiellement proposé le GlobalEye à l’OTAN dès février 2023, en réponse à une demande d’informations (RFI). À l’époque, son PDG, Micael Johansson, évoquait une possible entrée en service à l’horizon 2031, voire plus tôt selon le calendrier d’acquisition. En novembre 2023, l’OTAN avait également annoncé son intention de commander six Boeing E‑7A pour remplacer une partie de ses E‑3A Sentry, avec des livraisons envisagées à partir de 2031.
Pour rappel, la France a décidé de remplacer les quatre Boeing E-3F AWACS de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) par des GlobalEye, avec deux premiers avions contractualisés livrables en 2029 et 2032, un contrat qui prévoit également une option d’achat pour deux appareils supplémentaires.










